Soucieuses de préserver la solidité financière des banques et des assurances face à la crise du Covid-19, les autorités financières européennes avaient en effet recommandé à ces entreprises de ne pas verser de dividendes cette année à leurs actionnaires.

Le gouverneur de la Banque de France a plaidé vendredi pour un retour « prudent » à la distribution de dividendes au sein du secteur financier, en vue notamment de préserver l'attractivité des établissements confrontés à un défi de rentabilité. Soucieuses de préserver la solidité financière des banques et des assurances face à la crise du Covid-19, les autorités financières européennes avaient en effet recommandé à ces entreprises de ne pas verser de dividendes cette année à leurs actionnaires.

« Incontestablement, la mise en réserve de l'intégralité des résultats a été en 2020 une mesure efficace pour soutenir la solvabilité (des établissements financiers). Toutefois, deux arguments plaident maintenant en faveur d'une ouverture prudente vers une distribution, dont il faudra discuter des modalités », a déclaré le gouverneur, François Villeroy de Galhau, lors d'un colloque financier.

Le premier de ces arguments « tient à la capacité de résistance des institutions financières à des chocs très importants, qu'illustre leur situation à la fin de l'année 2020. Le second, stratégique dans le contexte actuel, vise à préserver l'attractivité des institutions financières pour les investisseurs, indispensable pour lever du capital », a-t-il précisé. Et d'ajouter que « le sujet est aujourd'hui beaucoup moins celui de la solvabilité que de la rentabilité des institutions financières françaises ».

« Le système bancaire n'est pas à l'abri d'un accident »

Le secteur financier doit aussi s'adapter

De fait, les établissements bancaires et d'assurance sont confrontés de longue date à un environnement de taux très bas, voire négatifs, qui compliquent fortement la tâche de faire fructifier l'argent des clients. En outre, cet environnement rogne impitoyablement les marges que peuvent faire les banques sur le taux des crédits bancaires.

Le secteur financier doit aussi s'adapter, comme d'autres, à une révolution des comportements des clients, de plus en plus adeptes des outils numériques et de moins en moins enclins à se rendre en agence.

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Le tout dans un cadre réglementaire qui s'est considérablement renforcé et complexifié ces dernières années.

Face à ces défis, « il faut accélérer la formation de véritables groupes bancaires pan-européens susceptibles de capitaliser sur leur taille, et développer des économies d'échelle face précisément à ces investissements numériques qui sont des coûts fixes. Le secteur financier européen demeure encore trop fragmenté et vulnérable aux chocs asymétriques », a estimé M. Villeroy de Galhau.

« Pour les organismes d'assurance, le défi de rentabilité en environnement de taux bas passera, inévitablement, par l'adaptation des modèles d'affaires », a-t-il ajouté.