Le procès de 2 coachs en bien-être, accusés d'avoir fait investir plus d'une centaine de personnes dans un complexe touristique à Bali qui n'a jamais vu le jour, et de la Caisse d'Epargne, accusée de blanchiment, s'est ouvert mercredi à Paris en présence d'une dizaine de parties civiles.

Les deux hommes sont accusés d'avoir organisé un système d'escroquerie fondé sur le modèle de la pyramide de Ponzi : les premiers investisseurs, à qui l'on a promis des gains mirobolants, sont rémunérés par l'argent des suivants. Jusqu'à épuisement du modèle.

En mai 2014, alors qu'ils présentent un « plan de sauvetage » aux investisseurs, dont certains veulent saisir la justice, les deux frères expliquent avoir une dette nette de 13 millions d'euros répartie sur 191 investisseurs. Ils expliquent aussi avoir capitalisé plus de 18 millions d'euros entre 2006 et 2014, dont plus de 5 millions ont été reversés soit sous forme d'intérêt soit de remboursement. Ces deux frères nient toute « manœuvre frauduleuse », a expliqué leur avocat à l'AFP, et plaident « un enthousiasme un peu trop convaincant ».

Un supplément d'information a été demandé à l'ouverture du procès, le tribunal souhaitant mettre la main sur une « éventuelle déclaration de soupçon communiquée par la Caisse d'Epargne » à TracFin, la cellule du ministère de l'Économie chargée de la lutte contre la fraude fiscale et le blanchiment d'argent.

Défaut de vigilance de la Caisse d'Epargne

Il s'agit de comprendre les mécanismes d'alerte de la banque, accusée de n'avoir pas été assez vigilante sur la provenance de millions d'euros, et qui aurait pu participé ainsi à une opération de « blanchiment » par négligence. Il est notamment reproché à la Caisse d'Epargne d'avoir permis à Vivalavi Finance, groupe crée par les deux frère, de procéder à des virements importants vers Hong Kong et l'Indonésie, alors que son objet social ne prévoyait pas d'activité internationale.

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Pour les parties civiles, dont une dizaine étaient présentes mercredi matin, seule une condamnation de la banque semble ouvrir la porte à une réparation financière, certaines ayant investi plusieurs centaines de milliers d'euros. La première femme ayant porté plainte, en 2014, avait ainsi investi au total 125 000 euros dans les placements des deux frères, dont le resort « Rening Bay ».

Ce complexe touristique de plusieurs hectares avec piscine, salle de fitness et villas face à la mer n'a finalement jamais vu le jour, même si des travaux ont bien commencé sur l'île indonésienne. Plusieurs investisseurs avaient d'ailleurs participé à des stages de coaching à Bali, où ils étaient invité - contre 4 à 5 000 euros, à « renforcer leur mental pour mener à bien leur projet » et « aller loin sur la réflexion, la condition physique et l'endurance ». Certains ont aussi pu voir le début des travaux de Rening bay. Le procès doit durer jusqu'au 4 décembre.