Le groupe bancaire BPCE a donné jeudi le coup d'envoi d'une vaste transformation de sa filiale cotée Natixis, en proie à des turbulences depuis le début d'année, qui prévoit notamment une séparation avec le fonds à problèmes H2O et une réduction des risques sur les dérivés actions.

« Une nouvelle trajectoire créatrice de valeur est engagée pour Natixis et notre groupe », a déclaré Laurent Mignon, le président du directoire de BPCE, cité dans un communiqué à l'occasion de la présentation des résultats du troisième trimestre.

Cette trajectoire passe par un nouveau plan de transformation qui vise « environ 350 millions d'euros d'économies de coûts pérennes à fin 2024, incluant notamment la transformation du métier actions de la banque de grande clientèle », précise Natixis, qui rassemble entre autres les activités de marché, la gestion de fortune ou encore la branche d'assurance du groupe bancaire mutualiste.

En ce qui concerne le repositionnement de l'activité dérivés actions, très chahutée cette année sous l'effet de la crise du Covid-19, le groupe prévoit un arrêt des produits les plus complexes et l'abaissement des limites d'exposition sur les produits dédiés aux profils d'investissement les moins risqués.

H2O : « un dénouement progressif et ordonné »

Surtout, Natixis et sa filiale H2O « ont engagé des discussions en vue d'un dénouement progressif et ordonné de leur partenariat », annonce le groupe dans son communiqué, précisant que ces discussions portent sur une « possible cession graduelle de la participation de Natixis dans H2O et sur une reprise ordonnée de la distribution par la société de gestion » d'ici à la fin 2021.

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Après avoir déjà été en proie à des secousses en 2019, le gestionnaire de fonds britannique H2O AM a à nouveau provoqué une vague d'inquiétudes au cours de l'été, après avoir annoncé la suspension de huit fonds, une part croissante de ces placements étant constituée d'actifs non liquides difficiles à valoriser et liés à l'homme d'affaires allemand controversé Lars Windhorst.

Bénéfice net en repli de 28%

Dans le détail des résultats, le groupe BPCE a dégagé au troisième trimestre un bénéfice net de 674 millions d'euros, en repli d'environ 28% par rapport à la même période en 2019, pour un produit net bancaire, équivalent du chiffre d'affaires, en baisse de 4% environ.

Cette baisse est liée essentiellement à l'effondrement sur un an du bénéfice net chez Natixis, qui est passé de 415 millions au troisième trimestre l'an passé à 39 millions cette année. Ce faisant, cette filiale renoue toutefois avec les bénéfices, après une perte de 57 millions au deuxième trimestre.