La Banque de France doit présenter fin novembre un plan de réorganisation de son réseau fiduciaire qui pourrait entraîner la fermeture d'une vingtaine de caisses de tri des billets et des centaines de suppressions de postes, affirment mardi plusieurs syndicats.

Dans un communiqué, la CGT a dénoncé « le projet de fermeture d'une vingtaine des 37 caisses de la Banque de France », un plan « que la Banque de France prévoit de dévoiler lors du CSE (comité social et économique, ndlr) extraordinaire du 24 novembre ». Ces caisses sont chargées du tri et de la remise en circulation des billets.

La CGT, premier syndicat de la Banque de France, s'inquiète notamment qu'« en augmentant les distances et les montants embarqués » par les transporteurs de fonds, les attaques contre eux se multiplient.

Le « choix dangereux envisagé par l'institution n'a pour autre but que de réaliser des économies sur les convois qui relient ses caisses Banque de France, convois très sécurisés escortés par la gendarmerie », affirme la CGT, évoquant « une multiplication des trajets en fourgons des transporteurs de fonds privés, vulnérables aux attaques (...) ». La CGT a cité en exemple l'attaque d'un fourgon de la société Loomis vendredi à Lyon. « Nous craignons aussi un processus de privatisation de l'entretien de la monnaie », déjà confié en partie aux sociétés de transport de fonds, a déclaré à l'AFP Fabienne Rouchy, secrétaire générale de la CGT Banque de France.

Vers la suppression de 200 emplois ?

Elle table sur environ 200 suppressions d'emplois si une vingtaine de ces caisses venaient à fermer et demande des plans de départs volontaires associés à des embauches, ainsi que des plans de formation pour les salariés concernés.

« L'annonce de la CGT ne correspond à aucun échange qui ait eu lieu dans les dernières semaines avec la direction de la Banque » et « la Banque ne confirme aucun élément de cette déclaration », a réagi un porte-parole de la direction.

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« Il y a un an et demi qu'on attend un plan de réorganisaion de l'activité fiduciaire », a indiqué à l'AFP Sophie Pitorson, du SNABF-Solidaires, deuxième syndicat de la Banque de France. Elle confirme la tenue d'un CSE extraordinaire sur le sujet le 24 novembre.

« Le scénario le plus pessimiste est la fermeture de plus de vingt caisses », ce qui pourrait conduire à plusieurs centaines de postes supprimés, selon elle. « On sera moins efficace dans l'exécution de nos missions si on réduit le réseau », déplore Sophie Pitorson, en insistant sur la nécessité de « garantir le libre accès aux moyens de paiement ». Selon une source proche du dossier, le nombre de caisses de tri des billets, en baisse depuis des années, pourrait tomber à « entre 8 et 12 ».