« Des emails malveillants ciblant les clients des banques circulent sur internet ; vous pouvez être amené à en recevoir dans votre boite email. Soyez attentifs, ces emails ressemblent fortement aux emails légitimes. » Cest le message récemment envoyé par Boursorama à ses quelque 2 millions de clients. Il aurait toutefois pu être repris tel quel par nimporte quelle autre banque : toutes, en effet, subissent, de manière plus ou moins fréquente, des campagnes de « phishing ».
Rappel : cette technique, également appelée « hameçonnage », est une escroquerie par laquelle un fraudeur tente par la ruse dobtenir des informations confidentielles (identifiant de connexion, numéro de carte bancaire, email, etc.). Voici 5 réflexes à adopter pour sen prémunir, et éviter ainsi de figurer parmi les 1,7 million de Français victimes en 2018 darnaques et descroqueries bancaires (1).
Réflexe n°1 : consulter régulièrement létat de ses comptes et le site de sa banque
Etre attentif : cest la première des nécessités pour déjouer les plans des pirates. Commencez par consulter régulièrement - au moins une fois par semaine - létat de votre compte, à la recherche déventuelles anomalies. Cela tombe bien : toutes les banques disposent désormais dapplications mobiles, qui permettent daccéder très facilement et rapidement à lhistorique de vos opérations.
Tant que vous y êtes, soyez également attentifs aux communications de votre banque sur la sécurité. Toutes les enseignes disposent en effet, dans leurs interfaces numériques, de pages dédiées à la sécurité. On y retrouve généralement un certain nombre de conseils préventifs, mais aussi des alertes sur des menaces précises, notamment sur les campagnes de phishing en cours.
Réflexe n°2 : prévenir immédiatement sa banque en cas de doute ou danomalie
Cest primordial : en cas de doute sur un e-mail ou un SMS reçu, si vous avez le sentiment, même après coup, davoir été victime dun vol de données, et bien sûr en cas danomalie détectée sur son compte, il y a deux choses à faire immédiatement : changer vos mots de passe et contacter directement votre banque, plutôt en agence ou par téléphone que par messagerie.
La réglementation est en effet plutôt de votre côté : les banques sont tenues de rembourser le montant des sommes qui ont détournées à votre insu. Sauf dans un cas : si elles parviennent à démontrer que vous avez été négligents. Ce sera le cas, notamment, si les informations qui vous ont été volées ont permis au pirate de contourner les systèmes de sécurité en se faisant passer pour vous.
Réflexe n°3 : bien choisir son mot de passe ou ses codes, et les garder secrets
Au moment de choisir son mot de passe ou le code daccès à lespace en ligne de votre banque, il y a quelques règles à respecter. Ce mot de passe, dabord, doit être spécifique : il faut à tout prix éviter dutiliser le même pour plusieurs services (banque, mail, réseaux sociaux, etc.). Il doit aussi être le plus complexe possible, en mélangeant par exemple chiffres, lettres et signes de ponctuation. Hélas, toutes les enseignes nacceptent pas ce type de mot de passe, se contentant dun code à 4 ou 6 chiffres. Dans ce cas, il faut absolument éviter dutiliser une suite trop facile à retrouver, comme sa date de naissance ou celle de ses enfants. Les pirates sont en effet capables de retrouver ce type dinformation, notamment en surveillant les réseaux sociaux.
Autre évidence : il ne faut jamais divulguer ses codes daccès bancaires à un tiers, y compris à ses proches. Il ne faut pas non plus les inscrire en clair, que ce soit sur papier ou dans une note stockée sur son ordinateur ou son smartphone. Evitez aussi au maximum dutiliser lordinateur ou la tablette dun tiers pour vous connecter, et veillez si vous navez pas le choix à désactiver loption permettant au navigateur internet denregistrer les mots de passe. Enfin, nhésitez pas à modifier régulièrement vos mots de passe. Pour vous aidez à vous y retrouver, il existe des applications qui génèrent et stockent automatiquement des combinaisons complexes.
Réflexe n°4 : ne jamais se connecter à partir dun mail ou dun SMS
Il nest pas rare que les courriels de phishing soient truffés de fautes dorthographe ou dincohérence. Mais ils peuvent aussi être très réalistes et difficiles à distinguer des vrais messages envoyés habituellement par votre banque. Toutefois, ils ont généralement un point commun : ils vous invitent à cliquer sur un lien, évidemment pointés vers un faux site, alors que les banques, elles, ne le font jamais. Il existe donc une solution radicale pour éviter de tomber dans le panneau : ne jamais cliquer sur un lien présent dans un courriel, quil semble émaner de votre banque ou de tout service sensible (impôts, assureurs, etc.).
Attention également aux SMS et aux coups de fils de numéros inconnus : certains pirates nhésitent pas à y avoir recours pour vous soutirer des informations sensibles. Il ne faut donc jamais divulguer aucun code secret, ni même rappeler le numéro de téléphone qui vous est proposé.
Réflexe n°5 : sécuriser ses terminaux numériques
Dernière manière de prévenir les piratages : installer sur son ordinateur, son téléphone ou sa tablette des logiciels anti-virus. Là encore, il ny a que lembarras du choix, de nombreux éditeurs proposant ce type de logiciels. Il est également très fortement conseillé de protéger laccès à vos terminaux, quels quils soient, par des mots de passe, qui compliqueront leur usage en cas de vol ou de perte.
Enfin, veillez à sécuriser vos connexions en vérifiant la présence dun « https » devant ladresse du site de la banque, en activant la fonction bluetooth que si nécessaire et en évitant de vous connecter depuis un réseau wifi public.
(1) Source : Rapport denquête « cadre de vie et sécurité » 2018, conduite par lInstitut national de la statistique et des études économiques (Insee), en partenariat avec lObservatoire national de la délinquance et de la réponse pénale (ONDRP).




















