1 - Comment est calculé le taux du Livret A ?

Le gouverneur de la Banque de France calcule deux fois par an la révision du taux du Livret A : mi-janvier pour la réévaluation du 1er février et mi-juillet pour le 1er août. C'est ce mécanisme habituel (la Banque de France calcule puis le ministère de l'Economie valide ou déroge à la règle, sous conditions) qui a conduit à la hausse de 1,5% à 1,7% du taux au 1er août 2026.

Livret A, LEP, LDDS, CEL... Les nouveaux taux publiés au Journal officiel

Ce même schéma se mettra en branle en janvier prochain. Voici la formule sur laquelle la Banque de France devra se baser :

  • La moyenne arithmétique entre l'€STR (moyenne semestrielle) ;
  • et la moyenne semestrielle de l'inflation hors tabac en glissement annuel, publiée par l'Insee.

Première subtilité : le résultat est alors arrondi au dixième de point supérieur. Seconde subtilité : si le résultat est inférieur à 0,50%, alors ce plancher s'applique : le taux du Livret A ne peut être inférieur à 0,5%.

2 - Les données provisoires pour la fin 2026

En clair, pour « deviner » le futur taux du Livret A au 1er février 2027 - et par extension le LDDS, le LEP, etc. - il vous faut tenter d'estimer l'inflation moyenne (hors tabac) de juillet à décembre 2026, ainsi que le taux interbancaire de l'€STR sur la même période.

Impossible, évidemment, de lire dans une boule de cristal. En revanche, l'Insee a publié ce vendredi 31 juillet au matin l'inflation provisoire du mois de juillet, qui remonte à 2,1%. Et l'Insee a détaillé en juin dans sa note de conjoncture trimestrielle ses prévisions d'inflation jusqu'à la fin de l'année, avec une probable hausse régulière jusqu'à 2,7% en décembre prochain. En cause : la hausse des prix du pétrole et de l'énergie au printemps et cet été aurait des effets sur l'économie jusqu'à la fin de l'année. Si les prévisions de l'Insee se confirment, alors la moyenne semestrielle de l'indice des prix à la consommation hors tabac du second semestre 2026 devrait se situer entre 2,3% et 2,4%, penchant même plutôt nettement vers le 2,4%.

Et du côté de l'€STR, taux d'intérêt interbancaire de référence du marché en zone euro, les évolutions sont très étroitement liées à celles des taux directeurs de la Banque centrale européenne. Or la probabilité est désormais extrêmement élevée d'une nouvelle hausse d'un quart de point. Ce taux de 2,185% actuellement devrait augmenter en septembre et la moyenne semestrielle de l'€STR devrait se situer entre 2,3% et 2,4%.

3 - Le résultat (à ce stade) de la formule de calcul

Avec deux moyennes semestrielles situées entre 2,3% et 2,4%, le résultat est assez simple : si ces prévisions sont confirmées et si la formule de calcul est appliquée à la lettre par Bercy et la Banque de France, alors le taux du Livret A devrait se situer entre 2,3% et 2,4%, avec à ce stade une balance penchant du côté du 2,4%.

Si tel était le cas, le taux du Livret d'épargne populaire (LEP) remonterait lui de 2,5% actuellement à 2,9% puisque l'écart minimum entre les deux produits est de 0,5 point. Un éventuel coup de pouce à ce placement populaire visant les ménages modestes pourrait pousser Bercy à arrondir le taux du LEP à 3%.

Attention ! Cette première estimation est basée sur des prévisions d'inflation, par définition provisoires et hypothétiques. Cela reste à prendre avec des pincettes puisque nous sommes à plus de cinq mois de l'échéance de réévaluation. Reste une quasi évidence : sauf décision politique contraire, le taux du Livret A va poursuivre sa remontée en février prochain, et dépassera très probablement la barre symbolique des 2%.