La menace se précise. Lorsquil y a deux ans, à loccasion dune précédente vague du sondage publié par Kea Partners (1), on demandait aux salariés du secteur bancaire didentifier leur concurrent le plus crédible, ils citaient majoritairement les plateformes de crowfunding. Lan dernier, ce sont les fintechs qui sortaient du lot. Cette fois-ci, cest au tour des GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon). 75% des sondés considèrent en effet que ces géants du numérique - qui sintéressent tous, à des degrés divers, au business bancaire, et particulièrement au paiement - constituent une menace réelle pour leur établissement. Et pour 53% dentre eux, cest une source de stress, voire deffroi.
« La disruption sectorielle a changé de nom avec la montée en puissance des GAFA dans les services financiers », confirme dans un communiqué Alice Poizat, de Kea & Partners. « On ne parle dailleurs plus duberisation, mais damazonisation des business models. Certains commentateurs évoquent un « moment Amazon » de la banque ». Autre signe de lintérêt porté aux initiatives dacteurs extra-bancaires, 47% des sondés considèrent que le lancement dOrange Bank a été lactualité marquante de lannée 2017.
Un manque de clairvoyance
Parfois angoissés par les mutations à luvre, quils attribuent notamment au changement des habitudes de consommation des clients sous leffet de la révolution numérique, les salariés de la banque affichent néanmoins une certaine confiance dans la capacité de riposte de leur industrie. « Les salariés semblent vouloir jouer la carte de la force tranquille, sappuyant sur des fondations solides que sont la base clients, le système de production bancaire, les fondamentaux économiques sains » commente Alice Poizat, qui pose la question : « Mais cette réponse sera-t-elle suffisante pour riposter ? ».
Rien nest moins sûr pour Kea Partners, qui pointe lécart entre la réalité des attentes des clients et ce quen perçoivent les banquiers. Ainsi, lorsquon leur demande de citer les grandes évolutions de leur métier dans les 10 années à venir, ils citent massivement la relation client à distance (30%) et la robotisation (14%). Ils négligent en revanche lagilité et lautonomie (2%), la montée en compétence (2%) ou en expertise (2%). « Or, en miroir, les nombreuses études menées auprès des clients montrent que lenjeu des 10 ans à venir est bien sur lagilité, la montée en compétence et la capacité à proposer une relation client experte », constate le cabinet de conseil, qui conclut : « De fait, il semblerait donc que les salariés interrogés ne savèrent pas totalement clairvoyants sur les facteurs clés de succès de la relation bancaire de demain. »
(1) Étude réalisée du 11 juillet au 2 août 2017 sur un échantillon représentatif de 800 salariés du secteur bancaire, administrée par linstitut de sondage OpinionWay, selon la méthode CAWI.
















