Votre nouvelle campagne de pub convoque limaginaire dIndiana Jones et de Star Wars. Un choix qui contraste avec vos précédents efforts dans le domaine. Votre image était-elle devenue trop sage ?
Olivier Luquet : « Il est vrai quING Direct a un ADN de communication décalée. Ce nest pas uniquement un choix créatif, cela correspond à un état desprit : faire bouger les codes bancaires. Il sagissait donc avec cette campagne de retrouver un ton, mais aussi dexprimer le message qui guide notre ambition au quotidien : proposer la meilleure alliance entre le numérique et lhumain. Avec une conviction : plus on est digital, plus on doit montrer que le service est pensé par des humains pour des humains. »
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Sagit-il pour ING Direct, dans un contexte concurrentiel qui a beaucoup évolué ces derniers mois, de marquer sa différence, dafficher un supplément dâme ?
« Le banquier sefface derrière la machine »
O.L. : « Dun point de vue stratégique, quand je regarde la concurrence, jai en effet la sensation quà force de communiquer sur le digital, le banquier sefface derrière la machine. Nous pensons quun service digital de qualité nest pas seulement un parcours sans friction mais aussi la prise en compte des besoins de nos clients dans les moments de vérité où ils ne souhaitent pas se retrouver seuls. Cest dailleurs pour garder une proximité réelle, émotionnelle, avec nos clients que, par exemple, nous ne faisons pas payer le recours au centre dappels. »
Sagit-il, pour résumer, dune réaction à larrivée dOrange Bank sur le marché ?
O.L. : « Une réaction, non, dans la mesure où nous navions jamais renoncé à ce côté humain. Mais il est vrai quOrange Bank propose une relation client qui est très différente de ce que lon fait aujourdhui, et de ce que lon souhaite faire demain. Nous ne sommes pas sur le même type de banque. Certaines enseignes semblent promettre aux clients de les débarrasser de leur banquier. Ce nest pas le cas dING : nous sommes une banque digitale, mais avec des banquiers qui proposent une réelle expertise. »
Il y a un an, vous aviez affiché lambition de capter 50 000 nouveaux clients principaux nets en 2017. Cet objectif a-t-il été atteint ?
« Nous ne sommes pas dans une course au volume »
O.L. : « Nous avons fait une très belle année 2017 du point de vue commercial. Notre parc de clients principaux a progressé de 15% lan passé, et nous avons doublé le nombre douvertures nettes de comptes courants, une des pierres nécessaires au développement dune relation principale. Nous en sommes heureux. Pour autant, nous ne sommes pas dans une course au volume. Ce que nous souhaitons, cest renforcer la préférence de nos clients pour notre offre. »
Quen est-il du crédit immobilier ?
O.L. : « La production 2017 a été extrêmement soutenue, nous approchons dun doublement par rapport à 2016. Cest le résultat, je pense, du soin que nous avons apporté à ce produit. Nous avons aussi établi des partenariats solides avec des courtiers, un canal que nous allons encore développer en 2018. »
Parmi les produits lancés en 2017, le crédit à la consommation. Quel bilan en tirez-vous ?
O.L. : « Là encore, il sagit d'une brique essentielle. Le crédit conso est lancé depuis novembre, pour nos clients compte courant seulement dans limmédiat. Le produit sera toutefois élargi prochainement aux prospects. Nous sommes contents, les volumes sont en ligne avec nos attentes. »
Autre gros chantier en cours, le renouvellement de lintégralité de votre parc de cartes bancaires. Pourquoi ce choix ?
« Aucune autre carte ne propose autant de fonctionnalités »
O.L. : « Notre vocation est dêtre en avance en termes dexpérience. Pour le lancement de cette carte, nous avons cherché à cerner les besoins de nos clients, remontés via nos conseillers. Son ambition est de leur simplifier la vie et de leur redonner le pouvoir en temps réel : de désactiver la carte, ou simplement le paiement sans contact ; de modifier rapidement leurs plafonds ; de consulter leurs transactions . Aucune autre carte ne propose aujourdhui un tel panel de fonctionnalités. »
Pourquoi ne pas avoir profité de ce lancement pour proposer du paiement mobile ?
O.L. : « Cest une évidence : on paiera tous demain avec nos mobiles. Le sujet nest donc pas tant de savoir si on va le faire, mais comment on va le faire, avec une proposition de valeur qui correspondra bien aux attentes de nos clients. On y travaille. »
Le Livret Epargne Orange (LEO) a longtemps été votre produit phare. Comment se porte-t-il ? Espérez-vous quen 2018, la flat tax par exemple lui redonne un coup de boost ?
« La flat tax, une occasion de rebattre les cartes »
O.L. : « En 2017, notre collecte nette sur le Livret A et le Livret de développement durable et solidaire a progressé de 45%. Cest un indicateur important de fidélisation. Concernant le LEO, nous avons pris une position extrêmement prudente [le produit rapporte actuellement 0,10% brut, NDLR]. Ça reste un produit phare en matière déquipement de nos clients, mais pas un produit que lon a mis en avant récemment. La flat tax, évidemment, est une opportunité pour ING Direct - et pas seulement pour les livrets -, une occasion de rebattre les cartes. La question du taux du LEO reste toutefois très liée à la courbe des taux du marché. Nous suivrons avec beaucoup dattention les annonces de la Banque centrale européenne sur le sujet. »
Quels sont les nouveaux produits qui vont enrichir votre offre en 2018 ?
« Un outil dagrégation très prochainement »
O.L. : « Notre priorité va rester la même : investir dans la relation client, la disponibilité de nos conseillers, leur expertise Nous allons aussi élargir la gamme de produits avec très prochainement un outil dagrégation, basé sur la solution dune fintech interne à ING, Yolt, qui a fait ses preuves en Grande-Bretagne. Nous allons également investir pour mieux répondre aux besoins de tous nos clients, notamment les plus haut de gamme, en matière dépargne. Enfin, nous travaillons sur de nouvelles offres qui dépassent le cadre purement bancaire, mais il est encore tôt pour en parler. »
En avril 2016, vous aviez choisi de modifier votre tarification, en faisant payer les clients ne respectant pas certains critères de flux sur le compte courant ou de stock dépargne (1). Assumez-vous ce choix, qui na pas été suivi par vos concurrents ?
O.L. : « Notre offre tarifaire reste très compétitive : un client ING paie en moyenne 20 euros de frais par an. Nous sommes au niveau des meilleurs, à un ou deux euros près. Nous avons fait le choix de la transparence : nous ne facturons pas le recours au conseiller par téléphone, nous ne pratiquons pas non plus les augmentations éparses dans le catalogue. Chez nous, même s'il est peu actif, un client peut bénéficier dune carte Gold à 5 euros par mois, ce qui reste un tarif compétitif. »
Plus d'infos sur le compte bancaire ING Direct
(1) Lire : Un nouveau deal pour conserver la carte Gold gratuite
















