Seize personnes, dont deux anciens employés de la Banque Postale, ont été condamnés mardi à des peines allant de six mois à trois ans de prison et 10.000 euros d'amende pour une escroquerie pour un montant de près d'1,2 million d'euros selon la banque.

L'escroquerie consistait dans un premier temps à dérober dans des boîtes aux lettres des relevés de comptes de clients de la Banque Postale. Ils étaient ensuite revendus à des intermédiaires, qui achetaient des renseignements relatifs aux titulaires des comptes, obtenus grâce à la complicité de deux agents de la Banque Postale. Ils ont tous deux été condamnés à 18 mois de prison avec sursis, ainsi qu'à une interdiction d'exercer une activité bancaire pendant une durée de trois ans.

Un fois recueillies les données personnelles des titulaires des comptes, d'autres protagonistes de l'escroquerie achetaient de faux papiers, grâce auxquels ils effectuaient des retraits d'espèces en agence ou effectuaient des virements. Ils ciblaient les comptes bien garnis. Des centaines de titulaires avaient ainsi vu leur compte ponctionné.

Les victimes indemnisées

La banque a « indemnisé tous ces clients », a souligné Me Rémi Lorrain, conseil de la Banque postale avec Me Christophe Ingrain. La décision du tribunal correctionnel de Paris, « témoigne de a qualité de victime de la Banque postale », a relevé Me Lorrain.

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Pour les juges, le préjudice reste à évaluer. Le tribunal estimé qu'il n'était pas possible en l'état de statuer sur sa demande de dommages et intérêts, qui s'élève à 1,18 million d'euros. Une audience sur ce point est prévue dans les mois qui viennent. Il a en revanche retenu la circonstance aggravante de la « bande organisée » face à ce « véritable réseau » dont Me Lorrain a souligné la sophistication.