Aujourdhui, la signature électronique émise par un Français, pour authentifier un contrat par exemple, ne sera pas forcément reconnue en Pologne ou en Espagne. Car, sil existe depuis 1999, une réglementation européenne sur le sujet, celle-ci nest pas appliquée de la même manière dans lensemble de la zone, et pour tous les types de transactions. Cest toutefois en passe de changer, avec lentrée en vigueur, le 1er juillet prochain, dun règlement européen, dit eIDAS (1). Contrairement à une directive, ce texte sappliquera à tous les pays et sur le champ, sans besoin dune transposition dans les différents droits locaux.
Il sagit dune « avance réglementaire majeure », estime Universign, un des leaders français de la signature électronique et des services de confiance, dans un communiqué. « [Le texte] apporte une reconnaissance homogène de la signature électronique et de sa valeur probante sur lensemble du territoire européen [et] pose ( ) les bases dun réel marché de la confiance numérique » .
4 niveaux de sécurité
Une signature manuscrite sur un document numérique, à limage de celles utilisées parfois à loccasion de la livraison dun paquet, na aucune valeur légale. La signature numérique suppose ainsi lintervention dun tiers de confiance qui, grâce à un certificat numérique, garantit lauthentification du signataire et lintégrité du document signé.
Le nouveau cadre juridique élargit à lensemble des transactions numériques lusage de cette signature électronique : pour signer un contrat mais aussi pour souscrire un service ou valider un document comptable. Il crée également quatre niveaux de sécurité en fonction de la sensibilité du document signé. En résumé, il élargit considérablement les cas dusage de la signature électronique.
Un enjeu pour les banques
La signature électronique est un enjeu pour lensemble des industries migrant toute ou partie de leur activité dans le monde numérique. Cest le cas notamment de la banque. En facilitant la numérisation des contrats, elle permet daccélérer les transactions, de faire des économies de papier, de réduire les frais postaux et de faciliter larchivage, ce qui explique son déploiement actuel dans les agences bancaires.
Mais lenjeu se situe aussi du côté des canaux numériques des banques traditionnelles et des acteurs 100% en ligne. En facilitant la signature électronique et en élargissant son acceptation, dans les mêmes conditions, à lensemble des pays de lUE, le règlement promet en effet de faciliter la concurrence à léchelle continentale et daméliorer la sécurité des transactions.
(1) Règlement (UE) n ° 910/2014 du Parlement européen et du Conseil du 23 juillet 2014 sur lidentification électronique et les services de confiance pour les transactions électroniques au sein du marché intérieur et abrogeant la directive 1999/93/CE








