Publié chaque année par le cabinet de consulting Capgemini et lassociation Efma, qui promeut linnovation dans le secteur bancaire, le rapport « Word Retail Banking Report 2016 » se fonde notamment sur un sondage mené auprès de 16.000 clients bancaires dans 32 pays. A partir de ce corpus, Capgemini calcule un indice dexpérience client (Customer Experience Index ou CEI) censé retranscrire la manière dont les usagers perçoivent la qualité de leurs interactions avec leurs banques.
Avec un résultat de 73 points, la France ne brille pas particulièrement dans le domaine. Elle se situe même au 24e rang des 32 pays sondés, très loin derrière le podium occupé par le Canada (80,9), les Pays-Bas (80,4) et la République tchèque (80,4). Autre indice du désamour des Français, à peine plus dun sur deux (52,3%) envisage la relation avec sa banque comme une expérience positive. Certes, le chiffre progresse de 6,2 points par rapport à 2015, mais il place tout de même lHexagone au 22e rang dun classement dominé par les Pays-Bas (70,6%), la République tchèque (67%) et lAutriche (66,8%).
Seulement un tiers (36,5%) des Français ont confiance dans leur banque principale. Un chiffre là encore assez faible si on le compare aux Brésiliens (60,8%), aux Allemands (56,9%) ou aux Indiens (75,9%). Plus surprenant, ce chiffre est inférieur à celui des Espagnols, pourtant les clients les plus insatisfaits parmi les 32 nationalités couvertes par létude.
Une faible confiance dans les fintechs
Paradoxalement, cette insatisfaction chronique des Français à légard de leurs banques ne les encouragent pas à aller voir ailleurs. La France se situe en effet au 29e rang (toujours sur 32) en matière dutilisation des services proposés par les acteurs technologiques extra-bancaires, communément désignés sous lappellation « fintechs ». Seuls 51,6% des tricolores en sont clients, et les trois quarts dentre eux ne sont clients que dune seule fintech. Un chiffre bien inférieur à la moyenne des pays dEurope de lOuest, 61%.
Comment expliquer ce faible niveau dadoption des nouveaux services financiers ? Loffre nest pas en cause, puisque la France compte nombre dacteurs dans les différents pans de la fintech (les paiements, le crowdfunding, lépargne, etc.). Il sagit, là encore, dune question de prudence : seuls 17,1% des Français font confiance à ces nouveaux acteurs.
Très en retard sur la banque mobile
Capgemini et l'Efma ont également sondé les usagers sur leurs modes dinteraction avec leur banque. A la question « Quel canal utilisez-vous au moins une fois par semaine », 67,7% des Français ont répondu linternet fixe, un score élevé, mais seulement 19,8% le mobile et 7,9% lagence. Les Français sont donc particulièrement en retard sur la banque mobile, utilisée chaque semaine par 49,4% des Brésiliens, 42,1% des Néerlandais ou 33,8% des Italiens.
















