Conformément aux promesses faites au gouvernement, la Fédération bancaire française (FBF) vient de publier un mini-guide pédagogique consacré au paiement sans contact. L’occasion de faire œuvre de pédagogie à propos d’une innovation de plus en plus utilisée, mais qui soulève aussi beaucoup d’interrogations de la part des usagers.

Le développement du paiement sans contact est un des axes forts de la stratégie nationale des moyens de paiement, dévoilée en juin dernier par le gouvernement. Ce dernier compte en effet sur cette technologie pour développer l’usage des cartes bancaires pour les paiements de faible montant, aux dépens des espèces, dont le traitement est très coûteux (lire aussi : Le traitement des espèces coûte 50 milliards d'euros par an en zone euro).

Problème : la technologie NFC (pour Near Field Communication) utilisée par les cartes et les mobiles compatibles sans contact a plutôt mauvaise presse, en raison notamment des risques potentiels de détournement des données transmises au terminal de paiement. Sans compter que le gain en termes d’usage, par rapport à la procédure classique avec introduction de la carte dans le terminal et composition du code secret, ne saute pas aux yeux de tous les Français, qui ne semblent pas particulièrement impatients de s’emparer de cette innovation.

Face au scepticisme des usagers, les banques continuent d’afficher leur volontarisme en la matière. Après avoir équipé massivement leurs clients - près de 60% des cartes en circulation sont aujourd’hui équipées de puces NFC (1) - sans toujours prendre le temps de les informer correctement, elles se sont engagées, à la suite d’une recommandation gouvernementale, à faire preuve de pédagogie pour expliquer leur fonctionnement et démontrer au passage leur sûreté. Une démarche qui vient de se concrétiser par la publication par la FBF, l’association professionnelle représentative du secteur, d’un nouveau mini-guide de la collection « Les clés de la banque ».

Le sans contact n’est pas une obligation

En une trentaine de pages, le document (disponible gratuitement sur le site lesclesdelabanque.com) rappelle les grandes lignes du fonctionnement de ce nouveau mode de paiement : la limite de 20 euros par achat, la nécessité de composer le code à partir d’un certain montant cumulé d’achats, la marche à suivre en cas de fraude (la même que pour les cartes classiques), etc. Il détaille aussi certains aspects moins connus. L’usage à l’étranger des cartes sans contact est possible, mais les plafonds de paiement peuvent être différents selon les pays. Hors zone euro, un achat sans contact peut également entraîner des frais de change.

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Il rappelle aussi que le sans contact n’est pas une obligation. Toutefois, de ce point de vue, le mini-guide entretient un certain flou. Dans l'hypothèse où un client ne souhaite plus bénéficier de la fonction, il évoque en effet, « selon les cas », une simple désactivation ou un changement complet de la carte. Pourtant, dans un document daté du 2 juin, le secteur bancaire s’est engagé, « si le consommateur en fait la demande », à procéder « gratuitement à un échange pour une nouvelle carte non équipée de la fonctionnalité de paiement sans contact ».

Un plafond pour les achats par mobile.

Le guide évoque enfin le paiement sans contact par mobile, proposé par quelques banques et compatible avec certaines marques de téléphones. Les plafonds sont globalement les mêmes qu’avec une carte : pas de code jusqu’à 20 euros, un code nécessaire au-delà, ou à partir d’un certain montant d’achats cumulés. A propos de ce code, que les usagers peuvent en général choisir, la FBF indique qu’il « ne doit pas être identique à celui de votre carte bancaire ». Elle rappelle enfin que certaines enseignes fixent un montant maximum, de 300 euros en général, pour les transactions de paiement mobile.

(1) Source : Observatoire du NFC et du sans contact, juillet 2015