La Commission nationale de linformatique et des libertés a reçu 133.000 appels téléphoniques en 2014, soit près de 9.000 de plus quen 2013, selon son bilan annuel. Le nombre de plaintes adressées à la Cnil se porte quant à lui à 5.825 en 2014, un nombre en légère hausse (3%) par rapport à 2013. Parmi elles : 12% concernent le secteur bancaire, soit près de 700 plaintes.
La banque est ainsi le quatrième secteur le plus concerné par les plaintes formulées à la Cnil, derrière les entreprises du web et des télécoms (39%), le commerce (radiation des fichiers publicitaires, conservation des données bancaires, etc. - 16% des plaintes) et la gestion des ressources humaines (vidéosurveillance, géolocalisation, etc. - 14%).
Difficultés de « défichage »
Au rayon bancaire, le « motif principal de plainte » est la contestation de linscription au FICP (fichier national des incidents de remboursement des crédits aux particuliers), ou au FCC (fichier central des chèques et des retraits de cartes bancaires). Distincts, ces deux fichiers recensent les personnes concernées par une interdiction démettre des chèques, ayant fait un usage abusif de leur carte bancaire, en situation de surendettement, etc.
Et le fait dêtre fiché dans lun ou dans lautre empêche laccès à certains services bancaires, comme lillustre la Cnil dans son bilan annuel : « A la suite de sa perte demploi, Mme G a eu des difficultés pour payer son prêt à la consommation. Après deux mensualités impayées, sa banque la inscrite au FICP. » Mme G retrouve un travail et sacquitte de sa dette. Elle sollicite un prêt immobilier auprès dune autre banque un an plus tard mais celle-ci refuse au motif de son inscription au FICP. Ne parvenant pas obtenir sa radiation du fichier auprès de la première banque, cette usagère porte plainte auprès de la Cnil, qui rappelle alors à létablissement bancaire quil aurait dû la radier « immédiatement après le remboursement intégral de la dette par lintéressée ». Depuis, « Mme G a finalement été défichée ».
Ficoba : +50% de demandes daccès
En dehors des plaintes, la Cnil gère par ailleurs les demandes de droit daccès indirect à certains fichiers, parmi lesquels le fichier national des comptes bancaires (Ficoba). Ces demandes ont explosé : « 3.264 demandes en 2014, soit +50% par rapport à 2013 ». La conséquence selon la Cnil de la « reconnaissance par le Conseil dEtat dans une décision du 29 juin 2011 du droit daccès des héritiers en leur qualité dayant droit du solde des comptes bancaires détenus par la personne décédée ». La Cnil précise toutefois que les héritiers nont accès quau recensement des comptes détenus et non à lhistorique des opérations bancaires.
Données personnelles : un « pack » bancaire en préparation
La Commission nationale de linformatique et des libertés souligne aussi dans son bilan annuel quun « pack de conformité » est « en cours délaboration » pour la banque. Ces « packs », « élaborés en concertation avec les acteurs dun secteur », recensent les « bonnes pratiques » concernant lutilisation des données personnelles. Des « packs de conformité » ont ainsi déjà été adoptés pour lassurance, la domotique ou le logement social.















