La hausse des fraudes liées à la carte bancaire et aux paiements électroniques est un motif d’inquiétude croissant pour les usagers des banques. Mais le chèque aussi est vulnérable à la fraude comme l’a montré une récente affaire judiciaire.

Le chèque, qui fêtera ses 150 ans l’an prochain, reste malgré son âge vénérable un moyen de paiement largement utilisé en France. En 2013, près de 14% des paiements effectués dans le pays l’ont été par ce biais, selon des chiffres de la Banque centrale européenne. Par rapport à la carte bancaire et aux nouveaux moyens de paiements électroniques, le chèque dispose d’avantages pour les usagers, notamment sa gratuité. Il ne présente pas, en revanche, toutes les garanties en matière de sécurité, comme l’a montré récemment SOS Conso, le blog du Monde consacré aux questions de consommation.

Un post daté du 13 novembre dernier évoque le cas d’une jeune femme victime d’une arnaque dite « à la nigériane », « qui consiste à faire payer celui à qui l’on promet de l’argent », explique le blog. Dans le cadre de la (fausse) vente des droits d’une photographie, la victime, mannequin free lance, reçoit un paiement par chèque. L’acheteur lui demande de garder la partie de la somme qui lui revient, et de transférer le reste, par Western Union, à une (fausse) agence de publicité espagnole, à titre de commission.

La jeune femme, qui soupçonne quelque chose, demande à LCL, sa banque, de vérifier la validité du chèque, émis par la succursale française d’une banque espagnole, la Banco Popular Espanol. LCL lui demande alors de déposer le chèque, afin de pouvoir faire les vérifications d’usage. Quelques jours plus tard, la victime reçoit un relevé de compte mentionnant le crédit du chèque. Elle prend alors rendez-vous dans son agence pour récupérer la somme en espèces, ce qu’elle obtient, puis en transfère comme convenu une partie par mandat à l’agence de publicité espagnole.

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Défaut de vigilance

Quelques heures plus tard, la jeune femme reçoit un coup de fil de sa banque, qui lui explique que le chèque fait l’objet d’une « contre-passation » : après avoir crédité la somme, LCL l’a débitée, suite à un problème sur le chèque. Et pour cause : la banque émettrice n’existe plus depuis 4 ans ! La victime, en situation de dépassement de découvert, dépose alors plainte pour escroquerie et demande à LCL de l’indemniser. Ce que la banque accepte de faire pour une partie de la somme, tout en refusant de produire une trace écrite attestant de ce remboursement.

La jeune femme choisit alors de se tourner vers la justice et obtient gain de cause : LCL a commis une faute en ne décelant pas immédiatement que le chèque était nécessairement faux, en laissant sa cliente retirer un forte somme alors qu’elle savait à ce moment-là que le chèque était faux et, plus généralement, pour défaut de vigilance concernant cette opération d’un montant inhabituel pour sa cliente.