Un « certain nombre » d'employés de BNP Paribas ayant participé aux transactions mises en cause par la justice américaine ont été licenciés, a indiqué le ministre des Finances Michel Sapin dans un entretien au Monde jeudi.

« La banque a pris des décisions lourdes, en interne, pour adapter ses procédures. Un certain nombre de collaborateurs qui avaient participé aux transactions concernées ont été remerciés dans des conditions nettes et claires », révèle Michel Sapin, précisant que ses contacts avec BNPP sont réguliers.

Accusée d'avoir enfreint l'embargo américain en réalisant des transactions en dollars avec des pays comme l'Iran ou le Soudan entre 2002 et 2009, BNP Paribas risque jusqu'à 10 milliards de dollars d'amende, selon la presse, ainsi que la suspension de certaines activités. Si un tel niveau d'amende était avéré, il y aurait « disproportion manifeste », estime Michel Sapin, qui indique que l'intention du gouvernement sur ce dossier est de « défendre la proportionnalité de la sanction par rapport à l'infraction commise ». « Payer pour le passé ça parait légitime, payer pour l'avenir serait illégitime », a-t-il fait valoir par ailleurs lors d'une rencontre jeudi avec des journalistes économiques.

« Des actes répréhensibles »

Le ministre a toutefois reconnu que « BNP a certainement commis des actes répréhensibles » et qu'« il serait choquant qu'un pays étranger et ami veuille peser sur la justice américaine ». Le chef de l'Etat devrait aborder le sujet jeudi soir avec son homologue américain lors d'un dîner à Paris.

Si les transactions réalisées par BNP Paribas étaient légales au regard du droit français et international, l'utilisation du dollar permet aux Etats-Unis de faire appliquer sa propre législation. « Nous observons que si les faits reprochés s'étaient déroulés en France et en euros, il n'y aurait pas d'affaire ! La place de l'euro dans le commerce international, face à l'hégémonie du dollar, est une question très intéressante pour l'avenir », a noté Michel Sapin.

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« Nous sommes la première économie du monde et pourtant, ce n'est pas le cas de l'euro. Dès lors que les Etats-Unis considèrent que les transactions dans leur monnaie peuvent avoir des conséquences judiciaires, je suis favorable au renforcement de l'euro comme monnaie de confiance dans les échanges internationaux », a-t-il poursuivi. Actuellement, plus de 80% des transactions internationales sont réalisées en dollars.