L'ex-trader Jérôme Kerviel a été condamné mercredi à 5 ans de prison dont trois ferme et à 4,9 milliards d'euros de dommages intérêts par la cour d'appel de Paris, qui l'a jugé responsable d'une perte record en 2008 à la Société Générale.

La cour a confirmé dans son intégralité le jugement de première instance. Au procès en appel, qui s'était tenu du 4 au 28 juin, l'accusation avait requis la peine de prison maximum, soit cinq ans ferme. Jérôme Kerviel reste libre pour l'instant, la cour n'ayant pas délivré de mandat d'arrêt à l'audience. Dénonçant une « injustice lamentable », son avocat David Koubbi a indiqué que son client allait désormais étudier l'éventualité d'un pourvoi en cassation.

Visage grave et tendu, costume sombre et chemise blanche, Jérôme Kerviel était arrivé quelques minutes plus tôt au Palais de justice de Paris, sans rien dire. A la question de savoir s'il voulait faire une déclaration, son avocat David Koubbi a répondu : « Rien, tout est écrit ». Kerviel s'était ensuite installé à l'avant de la salle d'audience, a salué des avocats venus lui serrer la main, a échangé quelques mots, selon des journalistes de l'AFP dans la salle.

La Société Générale avait de nouveau réclamé ses 4,9 milliards perdus, même s'il est évident que Jérôme Kerviel, 35 ans, issu d'une famille modeste et sans emploi, ne remboursera jamais une telle somme. L'avocat de la banque a déclaré mercredi que la Société générale sera « réaliste » et examinera la situation de Jérôme Kerviel.

Cet arrêt confirme le jugement de premier instance. Jérôme Kerviel a été reconnu coupable d'avoir pris à l'insu de sa hiérarchie des positions spéculatives de dizaines de milliards d'euros sur des marchés à risque et d'avoir déjoué les contrôles avec des opérations fictives, de fausses écritures et des mensonges répétés.

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Il était poursuivi pour abus de confiance, faux et usage de faux et introduction frauduleuse de données dans le système informatique de la banque.