La transparence à tout prix : c’est le mot d’ordre du Crédit Coopératif. La banque spécialisée dans l’économie sociale et solidaire, membre du groupe BPCE, propose dans cette perspective le « Compte Agir », un compte courant où le client décide de l’utilisation de ses dépôts. Jérôme Henry, directeur du développement pour les particuliers et les produits solidaires au Crédit Coopératif, revient sur cette nouveauté. Interview.

Jérôme Henry, le Crédit Coopératif propose désormais à ses clients le Compte Agir, un nouveau compte-chèques. Pourquoi l’avoir mis en place ?

« Parce que nos clients le demandaient ! De plus en plus de Français veulent savoir à quoi sert l’argent qu’ils déposent sur leur compte. Logiquement, il doit être utilisé par la banque pour faire des crédits, pour financer l’économie réelle, ce qui est loin d’être toujours le cas. Au Crédit Coopératif, nos clients savent que 25% de leurs dépôts sont utilisés pour la liquidité et que 75% servent à financer l’économie sociale et solidaire. Mais ils avaient envie d’aller plus loin et voulaient financer des secteurs plus précis. »

C’est ce que leur permet de faire le Compte Agir ?

« Oui, grâce à ce compte, ils peuvent choisir où va aller leur argent. Ils ont le choix entre trois univers : « agir pour la planète », « agir pour une société plus juste » et « agir pour entreprendre autrement ». Les trois quarts de leurs dépôts ne seront prêtés qu’aux entreprises et associations qui appartiennent à l’univers choisi. Le client a également la possibilité de choisir les trois univers. »

Est-ce qu’il sait précisément quels acteurs sont financés au sein de chaque univers ?

« Non, le secret bancaire ne nous permet pas d’aller jusqu’à la transparence totale. Si une entreprise ne veut pas que l’on sache qu’elle a été financée à partir du Compte Agir, nous n’avons pas le droit, en tant que banquier, de divulguer cette information. En revanche, nos clients peuvent être sûrs que ces entreprises et associations sont éligibles au financement par le Compte Agir car leurs activités sont en adéquation avec l’univers proposé. »

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Depuis le mois de mars, 3.000 clients ont opté pour le Compte Agir. Quel est l’univers le plus sollicité ?

« Jusqu’ici, un client sur deux a choisi d’aider les trois domaines. Quand les personnes choisissent, elles optent en priorité pour « agir pour la planète » à hauteur de 22%, 18% pour « agir pour une société plus juste » et 10% pour « agir pour entreprendre autrement ». Le dernier univers fonctionne moins bien parce qu’on a encore du mal à l’expliquer ; il contient les entreprises solidaires, certaines formes de coopératives, les SCIC (Sociétés coopératives d’intérêt collectif, NDLR), etc. Des structures moins connues et qui attirent moins mais que l’on souhaitait montrer. »

Comment fonctionne, concrètement, le Compte Agir ?

« Comme un compte-chèques classique. Savez-vous comment on appelle un compte-chèques en banque ? Un compte à vue. Mais on s’est aperçu qu’on n’y voyait plus rien ! Le client ne voit pas du tout ce que la banque fait de son argent. En pratique, rien ne change pour le client : il a toujours son compte, sa carte, son espace internet, ses prélèvements... Ce qui change tout, c’est ce qu’on va faire de son argent. On va l’investir dans le secteur de son choix. C’est une option, gratuite, qui engage le Crédit Coopératif. »

Le Crédit Coopératif propose d’autres produits « Agir »…

« Nous proposons, depuis 2001, la carte Agir qui est au même prix qu’une carte bleue classique. A chaque retrait dans un distributeur avec cette carte, nous reversons 6 centimes d’euros à une association choisie par le client. Il peut aussi choisir de faire un don supplémentaire à chaque utilisation de la carte. 85% de nos clients possèdent la carte Agir. En 2002, nous avons également mis en place le Livret Agir, dont la moitié des intérêts est reversée à une association en début d’année. Un client sur deux a choisi ce Livret Agir. Ces trois offres sont complémentaires et elles ne sont jamais obligatoires. »