L'intersyndicale du site de Laser Cofinoga à Mérignac (Gironde), touché par près de 400 suppressions de postes, a fait part mercredi de sa « colère » après l'annonce par la banque BNP Paribas, actionnaire principal, d'un bénéfice de 6 milliards d'euros en 2011.

La banque BNP Paribas, actionnaire à parts égales avec le groupe Galeries Lafayette de LaSer, dont Cofinoga est une filiale, a annoncé dans la matinée un bénéfice net de 6,05 milliards d'euros, en baisse de 22% sur un an. « BNP vient d'annoncer 6 milliards d'euros de bénéfices, en baisse certes, mais bien au-dessus des espérances. A qui profite le crime ? Le groupe déploie des PSE (plans de sauvegarde de l'emploi, ndlr) à tour de bras, délocalise à l'étranger (...) asphyxie l'activité économique », s'indignent dans un communiqué les syndicats. « On ne peut qu'être en colère face à une telle injustice ».

Pour les syndicats, avec de tels bénéfices « ou avec seulement 1 ou 2% de cette somme, il n'y a plus lieu de faire de PSE. Au contraire, cet argent permettrait de relancer une véritable dynamique de croissance de l'activité de Cofinoga. Mais on préfère satisfaire l'actionnaire plutôt que de jouer son rôle d'acteur économique ».

Le chef de l'Etat interpellé

Les syndicats interpellent également le chef de l'Etat Nicolas Sarkozy et le gouvernement, dont son ministre des Affaires étrangères, Alain Juppé, également maire de Bordeaux : « A partir de combien de milliards d'euros de bénéfices a-t-on le droit de ne pas licencier ? A partir de combien d'emplois sacrifiés pour des motifs boursiers le pouvoir s'autorise t-il à intervenir ? », leur demandent-ils. L'intersyndicale dit vouloir « qu'ils nous expliquent comment cela est possible », mais également savoir « pourquoi ils le cautionnent » et si MM. Sarkozy et Juppé « ont prévu de faire quelque chose car nous attendons toujours qu'ils se manifestent réellement sur le sujet ».

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Le 20 janvier, la direction de LaSer Cofinoga a annoncé la suppression de 433 postes, dont 397 à Mérignac, 44 à Paris, 19 en agences sur rue et deux à Jurançon (Pyrénées-Atlantiques). Pour justifier sa décision, la direction a souligné « une situation de crise économique et financière sans précédent » et « des évolutions législatives et réglementaires qui ont profondément modifié le marché français du crédit à la consommation », une allusion à la loi Lagarde de 2010.

Comité central vendredi

L'intersyndicale a également dénoncé la frilosité de la direction de Cofinoga quant à sa « volonté de trouver les meilleures solutions pour sauver tous les emplois » et lui reproche de vouloir « avancer à marche forcée » sans avoir « pour l'heure toujours pas dévoilé le contenu des mesures proposées ».

Un Comité central d'entreprise s'est tenu lundi à Paris pour présenter les contours et le dispositif d'accompagnement du PSE. Après une suspension de séance il reprendra vendredi matin à Mérignac. Les membres du CCE ont fait nommer lors de cette séance « un cabinet d'expert-comptable pour analyser les comptes », a indiqué Lionel Azougalhi, porte parole de l'intersyndicale.