Dans un entretien au quotidien La Tribune jeudi, le président de BNP Paribas Baudoin Prot a insisté sur la nécessité d'un accord rapide avec la Grèce pour procéder à un échange de dette « début 2012 » et rassurer ainsi les investisseurs sur le risque souverain européen.

« Il faut absolument que nous finalisions dans les semaines qui viennent un accord sur un échange volontaire de dette, afin que nous procédions à cet échange début 2012 », a dit le directeur général qui succède jeudi à Michel Pébereau à la présidence du groupe. « Mais les interlocuteurs ne sont pas clairement désignés ou mandatés, ce qui fait traîner les choses en longueur, encourageant ainsi la forte aversion des investisseurs à l'égard du risque souverain européen ».

La Grèce et ses créanciers privés discutent de la formule à adopter pour l'échange de 200 milliards d'euros d'obligations publiques qu'ils détiennent contre de nouveaux titres dont la valeur nominale sera divisée par deux. Un accord entre la Grèce et ses créanciers privés devrait être trouvé dans les prochaines semaines, a déclaré mi-novembre le directeur général de l'Institut international de la finance (IFF), Charles Dallara.

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Au total, l'opération, dont le principe et le montant ont été décidés lors d'un sommet à Bruxelles fin octobre par les gouvernements de la zone euro après des négociations avec les investisseurs privés détenteurs d'obligations grecques, doit permettre de ramener la dette publique du pays à 120% du PIB en 2020 contre plus de 160% actuellement. La banque française, qui détenait en août 2,3 milliards d'euros de dette grecque arrivant à maturité avant le 31 décembre 2020, a passé une décote de 60% sur l'ensemble des titres. Les dépréciations enregistrées dans ce cadre au troisième trimestre se montent à 2,25 milliards d'euros.