La Société Générale veut une sanction "lourde" contre le site ElectronLibre

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King David UK / Flickr

La Société Générale a demandé mercredi au tribunal de grande instance de Paris de sanctionner « lourdement » le site internet ElectronLibre pour avoir, en pleine crise bancaire, écrit qu'elle était un établissement non crédible et insolvable.

Les faits remontent au 7 septembre. A 15h58, le site ElectronLibre, édité par la société El Publishing et dirigé par Emmanuel Torregano, avait publié une brève intitulée « Exclusif: la Société Générale écartée du marché interbancaire ». Le site poursuivait en affirmant que « selon un dirigeant d'une grande banque française, les banques ne prêtent plus à la Société Générale sur le marché interbancaire ».

« Un mensonge absolu »

La Société générale est « une banque qui, on ne sait pourquoi, est particulièrement visée par les rumeurs », a regretté mercredi son avocat, Jean-Yves Dupeux, tout en relevant « l'effet multiplicateur formidable » d'internet. « Se voir exclu du marché interbancaire, a-t-il expliqué, voudrait dire que du jour au lendemain une banque se trouve totalement à court de liquidités ou alors qu'elle est obligée d'aller emprunter sur d'autres marchés avec des taux beaucoup plus élevés ».

Dans un tel cas, « au bout d'un mois, il n'y a plus de Société générale. Mais vous imaginez la force d'une information comme celle-ci ! » « La Société Générale n'a pas été exclue du marché interbancaire, a-t-il martelé. D'ailleurs si cela avait été le cas, aujourd'hui elle n'existerait plus. (...) C'est un mensonge absolu ».

L'avocat a demandé au tribunal de « sanctionner lourdement » cette « atteinte cataclysmique à la réputation de la banque ». Il réclame 100.000 euros.

« C'est la vérité »

L'avocate du site, elle, a justifié une telle brève. La SocGen, a rappelé Me Hasna Boulet, est la banque « dont l'action a le plus chuté » entre juillet et septembre 2001. Il était donc « légitime de s'intéresser à la situation de la Société Générale », car c'est la banque « qui avait le plus prêté à la Grèce et se trouvait naturellement plus exposée ».

« Elle s'est trouvée en difficulté, elle s'est trouvée écartée du marché interbancaire et ça c'est la vérité », a asséné l'avocate, tout en faisant remarquer que l'article n'avait « jamais dit que c'était la seule banque française à avoir ces difficultés ». D'ailleurs, a-t-elle noté, mi-septembre, la Société Générale a été « la première à reconnaître (...) qu'elle avait des problèmes de liquidités ».

Décision le 30 novembre.

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Par la rédaction avec AFP

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Commentaires

Publié le 20 octobre 2011 à 10h25 - #1scaggio

Et alors. C'est quoi de ces mentalités journalistiques. Donc la SocGen est affaiblie et faut l'achever à coup d'articles de presse ? Mais quel charognard ces journalistes : "pas de pitié pour les bêtes blessées".

Une banque c'est comme une famille, quand elle a moins d'argent, elle fait très attention, et aux prochains revenus tout revient dans l'ordre. Seulement si les journalistes font fuir tout le monde, naturellement c'est plus dur pour avoir de l'argent et rétablir la situation. Et ça peut être fatal. Fatal pour la banque et les autres banques et à un Etat.

Selon moi, ces journalistes ce sont laissés submerger par les indignés et ils recherchent des coupables pour nourrir les indignés à coup d'articles de presse.

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