Réagissant à la commande, par Christine Lagarde, d’un rapport sur les frais bancaires, l’association de consommateurs demande à la ministre de l’économie d’engager des mesures concrètes pour «plus de transparence et moins de cherté de la tarification bancaire. »

Dans son communiqué, l'UFC-Que Choisir s'est félicitée d'abord de l’initiative de Christine Lagarde, avant de demander que le rapport « serve de socle à une grande réforme réglementaire pour mettre fin aux abus évidents du système. »

L’association estime en effet que « les établissement bancaires ont malicieusement freiné toute réforme de la tarification bancaire des frais en prenant des engagements non-suivis d’effets pour éviter la Loi ou en profitant des souplesse réglementaires. »

L’UFC-Que Choisir cite notamment le cas des frais de rejet de virements et de prélèvements, plafonnés à 20 euros depuis un décret du 15 novembre 2007 : « [Ils] atteignent souvent le montant du plafond (20 euros) alors que l’opération, entièrement automatisée, ne coûte que quelques centimes d’euros à la banque. »

Quatre mesures

Autres motifs de discorde, selon l’UFC-Que Choisir, les packages de services « placés d’office », la difficulté à comparer les tarifs des différents banques « en raison de la multiplication des frais et la myriade d’appellation de ceux-ci » ou encore la transformation de services autrefois gratuits en services payants.

Rappelant qu’un rapport de la Commission européenne a classé le secteur bancaire français « parmi les champions de l’opacité et de la cherté », l’association appelle de ses voeux l’adoption de quatre mesures : la mise en place d’une « dénomination commune et compréhensible de tous les frais bancaires », l’information du client avant tout prélèvement de frais sur son compte, la limitation, en nombre et en montant, des « frais sanction » et enfin « l’encadrement de la commercialisation des packages ».

L’Afub s’en mêle aussi

Autre association de consommateurs, l’Afub (Association française des usagers de banque) est intervenue à son tour dans le débat.

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Dans un communiqué, elle se félicite de l’annonce, par Christine Lagarde, de la fin programmée des « pénalités libératoires » que doivent aujourd’hui payer particuliers et entreprises pour être radiés du fichier des interdits de chéquier. Cette mesure sera incluse dans le projet de loi de réforme du crédit à la consommation, présenté à l’Assemblée le 24 mars prochain.

Mais l’Afub critique dans le même temps la désignation de Georges Pauget, ancien patron du Crédit Agricole, comme rapporteur, dénonçant un risque de « corporatisme ».

Enfin, l’association appelle de ses vœux « l’instauration d’une autorité de régulation » des frais bancaires, ainsi que « la publication périodique d’un panier de la ménagère bancaire regroupant les 10 services les plus utilisés » afin que les consommateurs puissent comparer les tarifs pratiqués.