L'inflation est de retour. Dans les chiffres de l'Insee (+2,4% sur un an en août, 2,9% attendu par l'Insee en fin d'année), mais aussi dans les têtes : selon le 15e baromètre du pouvoir d'achat des Français, réalisé avec CSA Research pour Cofidis, 60% des Français ont le sentiment que l'inflation s'accélère (+26 pts par rapport à 2025), et 61% jugent qu'elle a un impact fort sur leur situation financière. Un sentiment d'autant plus présent que cette hausse affecte principalement les prix de l'énergie (+16% sur un an en août), un poste budgétaire sur lequel les consommateurs n'ont souvent que peu de marge de manuvre. Selon l'Insee, le pouvoir d'achat des ménages devrait effectivement reculer de 0,4% sur l'année, à l'inflation s'ajoutant la baisse de l'emploi salarié et l'atonie des salaires réels.
Parmi les impacts de cette nouvelle vague inflationniste figure évidemment le risque de découvert bancaire. Pour les ménages dont le pouvoir d'achat est déjà faible (30% des personnes interrogées selon le baromètre Cofidis) et le budget à l'os, la moindre variation à la hausse des prix à la consommation peut entraîner des fins de mois toujours plus difficiles.
Selon notre sondage exclusif, réalisé par YouGov France (1), 69% des personnes interrogées ont le sentiment d'avoir été plus souvent à découvert au cours des 12 derniers mois. Elles sont également 40% à s'attendre à l'être davantage dans les mois à venir, un chiffre en hausse par rapport à la précédente vague de notre sondage, en août 2025 (34% à l'époque).
Le découvert concerne un tiers des Français
Dans les faits, un tiers des personnes interrogées (33% précisément) déclarent avoir été à découvert au moins une fois au cours des 12 derniers mois. Un chiffre en légère hausse sur un an (31% en août 2025), mais encore inférieur à celui de 2023 (36%), à l'époque en pleine flambée inflationniste suite à l'agression de l'Ukraine par la Russie.
Sans surprise, les fins de mois dans le rouge touchent un peu plus les personnes sans emploi (39%) que celles qui travaillent (34%), les CSP- (38%) que les CSP+ (31%) et les personnes avec enfant (38%) que sans (31%). Les retraités (25%), eux, sont sensiblement moins exposés que la moyenne.
La première raison de ces découverts est plus que jamais la situation financière difficile, citée par 54% des personnes interrogées, contre 49% en 2025. À l'inverse, les passages en négatif liés à un défaut de gestion sont en recul : 18% contre 27% l'an dernier.
Des Français un peu plus exposés aux incidents de paiement
Les découverts sont toujours problématiques, car ils sont le signe d'un déséquilibre budgétaire. Mais leurs effets néfastes restent contenus tant que l'on dispose d'une autorisation de découvert. Dans ce cas de figure en effet, la banque ne considère pas les opérations débitrices comme des incidents de paiement (sauf si le découvert dure) et se contente de facturer des agios.
Les taux des découverts autorisés ou non autorisés dans les banques
Toutefois, une part croissante des Français ayant été à découvert déclare ne pas (ou plus) avoir accès à ces autorisations de découvert : 14% des personnes interrogées, alors qu'elles n'étaient que 9% il y a un an. C'est le cas, en particulier, des 18-24 ans, dont un tiers n'a pas la possibilité de passer dans le rouge.
L'étude ne détaille pas les raisons de ce recul. Est-ce la conséquence d'un choix des usagers, celui par exemple de recourir aux services d'acteurs prohibant les découverts, comme Nickel, Revolut, N26 ou BforBank ? Doit-on y voir un changement de politique des banques, davantage enclines à diriger leurs clients financièrement fragilisés vers des offres sans découvert ? Cette évolution intervient en tout cas à quelques semaines de l'entrée en vigueur d'un nouveau cadre réglementaire, qui aura pour conséquence de durcir l'accès aux petites autorisations de découvert.
Un risque d'interdiction du découvert bancaire ? Le vrai du faux
Ceux qui disposent d'une autorisation de découvert (84% des sondés déclarant un découvert) sont également un peu plus nombreux à déclarer avoir déjà dépassé le plafond fixé par leur banque : 38%, contre 35% lors des précédentes vagues de 2025 et 2023.
En clair, plus de Français sont exposés aux incidents de paiement qu'il y a un an, et donc à l'avalanche de frais bancaires qui les accompagne généralement : commissions d'intervention, frais de rejets, lettres d'information payantes...
Le coût affolant des frais de dépassement de découvert facturés par votre banque
7% des sondés à découvert tous les mois
Être à découvert une fois de temps en temps est une chose, l'être tous les mois en est une autre. De ce point de vue, la situation semble en légère amélioration. 20% des Français à découvert le sont tous les mois, alors qu'ils étaient 25% il y a un an et 22% en 2023. Si l'on rapporte ce chiffre à l'ensemble de l'échantillon, ce sont tout de même près de 7% des sondés qui sont dans le rouge tous les mois.
Au rayon des (relatives) améliorations, la récurrence des découverts déclarés est également en léger repli : 36% des Français à découvert le sont 5 fois par an ou plus, contre 42% il y a un an.
Les gros découverts de 1 000 euros restent relativement rares, puisqu'ils ne concernent que 5% des répondants (6% l'an dernier). Comme en 2025, 45% d'entre eux affichent des découverts moyens d'un montant inférieur à 200.
(1) Sondage réalisé par YouGov France pour MoneyVox. Échantillon de 1 006 personnes représentatives de la population nationale française âgée de 18 ans et plus. Sondage effectué en ligne, sur le panel propriétaire YouGov France, du 4 au 5 août 2026.

















