Les montants liés à ce type d'escroquerie, qui consiste par exemple à se faire passer pour un conseiller bancaire afin d'amener une victime à valider une opération frauduleuse, ont bondi de 34% sur un an pour atteindre 516 millions d'euros. Dans le même temps, le montant total de fraude a progressé de 3,8% à 1,24 milliard d'euros en dépit d'un nombre de transactions frauduleuses en baisse de 8%.
« Il n'y a pas de population qui est exempte de ce type de fraude »
Les escroqueries par manipulation représentent désormais plus de 40% de l'ensemble de la fraude aux moyens de paiement, contre 32,1% en 2024. « Il n'y a pas de population qui est exempte de ce type de fraude », a expliqué Julien Lasalle, secrétaire de l'OSMP, lors d'une conférence de presse. « Tout le monde, les jeunes, les personnes âgées, les catégories socio-professionnelles supérieures,.... tout le monde peut (y) être confronté ».
Les nombreuses fuites de données recensées ces derniers mois ont par ailleurs renforcé les moyens d'action des fraudeurs, selon l'Observatoire. Ces fuites « favorisent la diffusion de techniques de fraude par manipulation », note Denis Beau, président de l'OSMP. « Les fraudeurs utilisent ces données supplémentaires pour renforcer la crédibilité des messages d'hameçonnage. Typiquement, un faux message de la Sécurité sociale sera plus crédible si votre numéro de Sécurité sociale y est inséré », alerte-t-il.
Face à ce constat, « les banques françaises relancent leur appel à destination des acteurs du numérique et des télécoms à se mobiliser de manière opérationnelle pour prévenir, détecter et empêcher la diffusion massive d'escroqueries », a fait savoir la Fédération française bancaire (FBF) dans un communiqué. Elle réclame notamment un retrait plus rapide des contenus frauduleux, un meilleur contrôle des annonceurs et un renforcement du filtrage des messages et appels usurpés.
Côté usages, la carte bancaire conserve sa place dominante et, note l'OSMP, son taux de fraude est tombé à 0,047% l'an dernier, son plus bas niveau historique.
Le paiement par mobile poursuit sa progression et représente désormais près d'un paiement de proximité par carte sur cinq. Dans le même temps, les virements instantanés gagnent du terrain et concernent près d'un virement sur six (+78% sur un an). En revanche, les paiements par chèque ne représentent plus que 1,9% des paiements scripturaux (paiements en dehors des espèces). Le montant des transactions réalisées par chèque a reculé de 46% depuis 2020.

















