Quil sagisse douvrir un compte ou de gérer votre argent au quotidien, le smartphone demeure aujourdhui le canal de prédilection des néobanques. A tel point que certains acteurs noffrent tout simplement pas la possibilité daccéder à vos comptes depuis un ordinateur. Cest par exemple le cas de Bunk, Lydia ou encore Pumpkin, chez qui il vous faudra être équipé dun smartphone pour ouvrir et gérer votre compte. Virements, consultation des transactions, gestion des moyens de paiements Ici, tout se passe depuis une application mobile.
Dautres néobanques, à limage de Ma French Bank, Nickel et Orange Bank, offrent bel et bien la possibilité de vous connecter depuis votre ordinateur. Chez ces acteurs, il nexiste pas ou peu de différence entre les fonctionnalités quoffrent lapplication mobile et votre espace client en ligne. Mais tous ne permettent pas douvrir un compte sans avoir recours à votre smartphone. Cest notamment vrai pour les néobanques N26 et Monese, chez qui les vérifications didentité au moment de votre inscription se font uniquement via lapplication.
| Banque | Ouverture de compte possible sur ordinateur | Espace client accessible sur ordinateur | Consultation des comptes | Virements possibles | Gestion des moyens de paiement |
|---|---|---|---|---|---|
| Bunk | |||||
| Lydia | |||||
| Ma French Bank | |||||
| Monese | |||||
| N26 | |||||
| Nickel | |||||
| Orange Bank | |||||
| Pumpkin | |||||
| Revolut |
Décembre 2020
Du mobile à lordinateur
Vous laurez compris, sil existe dimportantes disparités dun acteur à lautre, le smartphone demeure bien souvent un passage obligé pour les clients des néobanques. Il faut dire que cest dabord avec un positionnement centré sur le m-banking ou mobile banking que les néobanques ont su tirer leur épingle du jeu.
Transformer les téléphones en assistants bancaires, au moment où les smartphones commençaient à devenir la norme, était une façon dattirer un public plus jeune, plus urbain, plus geek qui ne trouvait pas son compte dans les banques traditionnelles. Ce public pouvait également se heurter aux conditions déligibilité alors strictes des banques en ligne. Les acteurs de la première génération ont donc délibérément délaissé le confort dun espace client web au profit dapplications mobiles, pensées avant tout pour un usage nomade. Dans ce contexte, il nest pas surprenant que la cible des premières néobanques ait été les globe-trotters, comme la britannique Revolut via ses taux de change optimisés.
Le succès a été immédiat. Au point que Revolut comptabilise aujourdhui 13 millions de clients en Europe, après seulement 5 ans dexistence. Sa rivale, N26, a quant à elle franchi le cap des 5 millions de clients en janvier 2020. Et pourtant, une nouvelle tendance semble désormais se dessiner. Après N26, Monese, Orange Bank et Nickel, cest ainsi au tour de Revolut dopérer son virage vers le web.
Depuis le 1er décembre 2020, les clients de Revolut peuvent consulter leur compte depuis un ordinateur, le recharger, et consulter lhistorique des transactions et des cartes. « L'accès à un compte via un navigateur web était très demandé par nos clients », a déclaré Nik Storonsky, directeur général et fondateur de Revolut. Notons que les banques traditionnelles et les banques en ligne opèrent un mouvement contraire en sinspirant des néobanques pour muscler leurs applications mobiles.
Le web, synonyme de confort et de sécurité
Comment expliquer ce revirement tardif ? Le mobile banking a-il fait long feu ? Lhypothèse de départ des banques mobiles, selon laquelle le smartphone se suffirait à lui-même, est-elle aujourdhui battue en brèche ? En tout cas, quatre facteurs peuvent expliquer ce renversement de tendance.
Dabord, les exigences des clients qui, sils plébiscitent toujours le mobile banking, souhaitent une expérience multicanal fluide, pour plus de confort et de mobilité dans la gestion de leur argent. Après tout, pourquoi se cantonner à une application mobile ou à un espace client web quand on peut avoir les deux ?
Deuxième hypothèse : le besoin dune sécurité supplémentaire. Si vous navez pas votre téléphone sur vous, quil na plus de batterie ou pire, que vous vous lêtes fait voler, il est important de disposer dune alternative pour accéder rapidement à vos comptes.
Lire aussi : L'avenir très incertain des néobanques
Ensuite, les espaces clients en ligne permettent aussi de toucher un plus large public. Pour ces acteurs, qui proposent souvent leurs services à un prix dentrée faible, le chemin vers la rentabilité passe par latteinte dune « masse critique » dutilisateurs. Dès lors, offrir la possibilité de gérer les comptes depuis un ordinateur fait sens, puisquelle leur permet de sadresser à un nouveau segment de marché : les prospects sensibles à leur offre mais qui préfèrent toutefois gérer leur compte depuis un ordinateur.
Enfin, dernière hypothèse : offrir une palette doutils numériques la plus complète vise aussi à montrer qu'il est tout à fait possible de se passer dagence. Bien que les Français y passent de moins en moins, lagence avec des conseillers qui y circulent rassurent. Compléter leur offre, avec un espace web, une plateforme téléphonique disponible, voire en proposant à terme une gamme étendue de crédits et de produits dépargne : telle est la recette des néobanques pour inciter leurs clients à en faire leur banque principale.
Bilan,
Si le mobile a longtemps été lapanage des néobanques, cest aujourdhui moins vrai. Les banques traditionnelles proposent toutes leur propre application mobile tandis que les néobanques semblent vouloir développer leur présence sur le web. Ce faisant, elles rendent encore un peu plus floue la ligne de démarcation qui les sépare des banques en ligne.
Voir notre comparatif des banques mobiles


















