L'augmentation des frais bancaires en 2022 devrait rester inférieure à l'inflation en général. Toutefois, comme chaque année, le prix de certaines opérations flambent. Voici, en exclusivité, les tendances 2022 de la tarification bancaire.

Inflation : le mot est actuellement sur toutes les bouches. L'indice des prix à la consommation (IPC) se rapproche, en effet, de 3% sur un an. Dans ce contexte, les Français craignent pour leur pouvoir d'achat. Ce qui est vrai pour les prix de l'énergie ou ceux de certains produits alimentaires l'est-il également pour les frais bancaires ? Pour le savoir, nous avons décortiqué les brochures tarifaires des 68 banques françaises ayant d'ores et déjà mis à jour leur prix pour 2022. Bon an, mal an, c'est en effet la moitié des enseignes qui revoient leurs tarifs en début d'année.

Verdict ? Rares sont les lignes tarifaires dont l'augmentation moyenne dépasse les 3%. La hausse des frais bancaires devrait donc rester sous le niveau général de l'inflation. Ceci étant dit, votre budget banque a toutes les chances de grossir encore l'an prochain. Notre analyse montre, en effet, que deux tendances de fond, identifiées de longue date, restent à l'œuvre :

  • des hausses contenues, autour de 1%, pour les services du quotidien, ceux qui sont le plus fréquemment facturés ;
  • des tarifs qui flambent sur des produits et services plus rares.
Les principales évolutions
Opérations du quotidien
Frais de tenue de compte +1,28%
Carte Visa Classic à débit immédiat +0,04%
Carte Visa Premier à débit différé +0,87%
Carte Mastercard à débit immédiat -1,14%
Carte Gold Mastercard à débit différé +1,20%
Retrait en euros dans un autre réseau +0,35%
Autres opérations
Transfert PEL ou CEL +3,15%
Virement initié en agence +3,60%
Chèque de banque +5,18%
Envoi de chéquier en courrier simple +4,87%
Réédition code secret carte bancaire +4,49%
Virement instantané +4,99%

Les chiffres présentés dans cet article sont issus de l'analyse des brochures tarifaires des 68 banques ayant publié des nouveaux tarifs pour 2022. Pour chaque ligne tarifaire, le pourcentage proposé est celui de l'évolution tarifaire moyenne sur l'ensemble de ces 68 banques, et pas seulement sur celles qui ont modifié ce tarif. Ces chiffres ne sont donc pas représentatifs de l'ensemble du marché, mais fournissent plutôt des tendances sur l'évolution des tarifs bancaires l'an prochain.

Des hausses inférieures à l'inflation sur le compte et la carte bancaire

Voilà une petite dizaine d'années que les banques françaises se sont mises à facturer des frais de tenue de compte à leurs clients, sans que l'on comprenne encore toujours quels biens ou services ils viennent rémunérer. En 2022, comme chaque année, le prix de la tenue de compte va augmenter, modestement mais sûrement : +1,28% en moyenne. Une hausse généralement indolore : rapportée au mois, elle ne représente ainsi que 10 centimes au CIC ou 20 centimes à La Banque Postale. Seuls les clients du Crédit Agricole Ile-de-France vont vraiment sentir la différence, puisque la banque va introduire en 2022, à hauteur de 12 euros par an, ces frais qui n'existaient pas jusqu'ici.

C'est une autre ligne tarifaire particulièrement sensible (près de 73 millions de CB sont actuellement en circulation en France), dont le prix ne cesse d'augmenter, année après année : la carte bancaire. Pas de flambée en 2022 : l'inflation est contenue et reste en général sous les 1%. Il y a même de bonnes surprises : le prix de la carte Visa Classic à débit immédiat, la carte la plus distribuée en France, est quasi stable (+0,04%). Un bémol toutefois : retirer du cash a tendance à coûter de plus en plus cher. Le prix des retraits déplacés, c'est-à-dire effectués hors du réseau de distributeurs (DAB) de votre banque, augmente peu : 0,35% en moyenne. En revanche, la baisse du quota de gratuité est plus pénalisante : il passe en moyenne de 4,33 à 4 retraits déplacés gratuits par mois.

Des tarifs qui flambent sur certaines opérations

Doit-on y voir une forme de rattrapage ? Plutôt raisonnables sur les services du quotidien, les banques ont tendance à avoir la main lourde sur des opérations plus exceptionnelles. Une tendance qui se confirme encore une fois en 2022.

Prenons, par exemple, le virement instantané. Lancé en 2017, il est encore loin d'avoir pris la place du virement SEPA traditionnel. Et pour cause : alors que ce dernier est uniformément gratuit (lorsqu'il est initié sur le web ou sur mobile), le virement instantané est toujours payant, et même de plus en plus cher : +4,99% en moyenne en 2022. Une hausse qui doit beaucoup à l'étrange choix fait par certaines enseignes du groupe BPCE : moduler le prix du virement selon son montant. A la Bred, par exemple, le virement coûte 1 euro lorsque son montant est inférieur à 1 500 euros, mais jusqu'à 10 euros au-delà de 15 000 euros ! A l'opposé, La Banque Postale rejoint le cercle très fermé des enseignes qui ne font plus payer le virement instantané, au même titre que le Crédit Mutuel de Bretagne ou Boursorama Banque.

Le virement instantané n'est pas la seule ligne tarifaire concernée par cette flambée des prix. On peut également citer le transfert d'un Plan Epargne Logement (PEL) vers une autre banque, dont le prix augmente de 3,15% en moyenne, ou le chèque de banque qui prend 5,18%.

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Le chèque, vraiment gratuit ?

C'est un des fondamentaux de la banque de détail en France, inscrit dans la réglementation : le chèque est gratuit. A y regarder de plus près, toutefois, utiliser son chéquier coûte de plus en plus cher.

C'est le cas, notamment, si vous demandez à votre banque de vous envoyer votre chéquier par la poste. En 2022, le prix de l'envoi simple augmente de 4,87%. Conformément aux demandes de la Banque de France, qui cherche à sécuriser le chèque, très exposé à la fraude, le prix de l'envoi en recommandé est lui en baisse (-0,83%). Mais insuffisamment pour rendre ce dernier plus attractif : l'écart entre le prix d'un envoi simple et celui d'un envoi recommandé reste de plus de 5 euros.

Autre ligne tarifaire liée au chèque qui augmente, les frais d'opposition prennent 1,55%, cette fois à contre-courant des demandes de la Banque de France. Cette dernière a en effet pourtant demandé aux banques de lever les obstacles qui dissuadent les clients de faire opposition.

Les cas particuliers des packages et des découverts

Les hausses évoquées jusqu'ici ne sont pas grand chose à côté de celles enregistrées par deux autres lignes tarifaires :

  • +18,91% pour les offres groupées de services (ou packages) ;
  • +8,02% pour les frais de gestion des découverts.

Il s'agit toutefois de chiffres peu représentatifs de l'évolution générale. La hausse du prix des packages, en effet, est presque uniquement la conséquence du lancement par le Crédit Agricole d'une nouvelle gamme de forfaits, beaucoup plus chers. Quant à l'inflation sur les frais de gestion des découverts, elle est imputable à La Banque Postale, qui va introduire à partir du 2e semestre 2022 cette ligne tarifaire, au prix de 6 euros par an.

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