3 euros contre 18 euros : le prix moyen facturé pour un rejet de prélèvement est six fois plus élevé en France quen Allemagne, selon les calculs du Comité consultatif du secteur financier, organe de concertation rattaché à la Banque de France. Mais il y a pire : selon l'UFC-Que Choisir, un même prélèvement rejeté peut donner lieu à plusieurs facturations, à chaque fois que le créancier, comme il en a le droit, présente à nouveau lopération sur le compte.
Lassociation a fait le calcul : ces doublons ont représenté une manne de 420 millions deuros pour la seule année 2018. Une somme qui, selon elle, a été indûment perçue : les banques, en effet, sont tenues de rembourser ces doublons. Mais elles ne le font que lorsque les clients en font la demande. Lassociation exhorte ainsi les pouvoirs publics, dans un communiqué, à réagir en imposant « le remboursement automatique et systématique ».
Plafond de 25 euros : des critères déligibilité à harmoniser
L'UFC-Que Choisir profite de cette prise de parole pour faire avancer dautres revendications liées aux « surfacturations » de frais bancaires. Comme la CLCV avant elle, elle est ainsi vent debout contre un décret sur le sujet.
Rappel du contexte : début juin, le ministère de lEconomie Bruno Le Maire a promis daméliorer le dispositif permettant aux clients en difficultés de bénéficier dun plafonnement à 25 euros par mois des frais facturés en cas dincidents de paiement. Ce projet va se concrétiser, a priori en début de semaine prochaine, par la parution dun décret fixant le seuil permettant de bénéficier de ce plafond : à partir de cinq incidents bancaires au cours d'un même mois, et pour une durée de 3 mois. Une mesure qui correspond aux attentes des associations.
Elles sopposent, en revanche, à un autre aspect du texte : dans son état actuel, il ninterdirait pas aux banques de maintenir dautres critères de détection de la fragilité financière. Notamment un plafond de revenus, au-delà duquel on nest pas éligible, comme cela se pratique déjà dans la plupart des enseignes, souvent autour de 1 500 euros. LUFC demande donc aux pouvoirs publics, dans un communiqué, dimposer une réelle harmonisation des critères déligibilité, et de prévoir des sanctions en cas de manquements.
Voir aussi notre classement des banques les moins chères au 1er juillet
Le découvert, un « crédit à part entière » ?
Autre demande de l'UFC Que Choisir aux pouvoirs publics : elle propose de considérer tout découvert non autorisé, non plus comme un incident de paiement, mais comme un « crédit à part entière », dont le taux serait donc plafonné par les seuils de lusure. Une révolution copernicienne, puisquelle nécessiterait dintégrer dans le calcul du taux annuel effectif global (TAEG) de ce crédit tous les frais liés à lincident : non seulement le taux débiteur, mais aussi les commissions dintervention, les divers frais de rejet, etc.

















