La récente enquête banque 2015 de l’association de consommateurs CLCV montre que les packages (ou forfaits) de services bancaires ne sont pas toujours, loin de là, à l’avantage du client. Lequel peut avoir intérêt à opter pour la facturation au détail. Explications.

Le 21 septembre 2010, les banques françaises, dans une série de recommandations publiées par la CCSF (1), s’engageaient à mettre en place « une nouvelle génération de forfaits personnalisables », présentant toujours « un avantage tarifaire par rapport à l’offre à la carte ». Le secteur, il faut dire, avait été mis sous pression par les pouvoirs publics, qui lui reprochaient de facturer, par le biais de ces forfaits, des services inutiles, ou du moins inutilisés par les clients.

Cinq ans plus tard, où en sommes-nous ? Pas beaucoup plus avancés, si l’on en croit la CLCV dans son enquête annuelle sur la tarification bancaire, dont l’édition 2015 vient de paraître.

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« Pour les banques ''en dur'' de métropole et d’outre-mer [soit un périmètre de 125 banques retenu par la CLCV, NLDR], le package n’est (…) intéressant pour notre ''petit consommateur de services'' (2) que dans 20 établissements (…) », explique l’association dans son dossier de presse. Et dans aucune des 10 banques les moins chères sur ce profil, classement dominé par LCL avec un total de frais annuel de 35,96 euros. L’écart de prix entre les deux formules peut même s’avérer colossal, comme le montre l’exemple fourni par l’association : « 129% de plus si vous choisissez le package à la Caisse d’Epargne Ile-de-France où le tarif est de 87,60 euros contre 38,25 euros si vous payez les services de notre panier à l’unité ».

Le package plus avantageux pour les gros consommateurs

Le package est plus souvent avantageux pour les deux autres profils retenus par la CLCV, le « moyen consommateur » et le « gros consommateur » : dans 52% des cas pour le premier et dans 60% dans le second. Des pourcentages en baisse, toutefois, par rapport à 2014.

Pour le profil « moyen consommateur », la banque la moins chère, BNP Paribas, l’est ainsi grâce à son package « Esprit Libre », facturé 89,82 euros par an. Mais c’est la seule dans ce cas dans le top 10. Pour le profil « gros consommateur », LCL est la banque la moins chère (126,04 euros annuels) grâce à ses services à la carte. Mais deux banques (les Crédits Agricoles Aquitaine et Nord de France) figurent dans le top 10 grâce à leur package « Compte à composer ».

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Plus généralement, la CLCV constate que « le nombre de (…) clients qui subiront une hausse [en 2015, NLDR] en ayant opté pour la formule package est plus important que celui des consommateurs ayant souscrit des services à l’unité ». Elle leur conseille donc de faire régulièrement le point sur l’option la plus avantageuse pour eux, dans la mesure où « les tarifs changent, [et] la conception des packages aussi ».

Voir également sur cBanque notre classement personnalisable des banques les moins chères où seuls les tarifs individuels hors package sont retenus, ainsi que le relevé des tarifs de ces offres groupées de services.

(1) Comité consultatif du secteur financier, organe dépendant de la Banque de France dont l’objet est de réguler les relations entre les banques et leurs clients.

(2) Pour les besoins de son étude, la CLCV a conçu trois profils, correspondant à trois modes de consommation : le « petit consommateur » (30 opérations par mois, consultation des comptes par téléphone, carte bancaire internationale à débit immédiat, etc.) ; le « moyen consommateur » (54 opérations débitrices par mois, gestion du compte par internet, 2 cartes de paiement internationales à débit différé avec assurance perte et vol, etc.) ; le profil « gros consommateur » (80 opérations débitrices par mois, gestion du compte par internet, une carte haut de gamme et une carte de paiement internationale à débit différé, etc.).