Parmi les surprises du palmarès cBanque des banques les moins chères dévoilé début novembre figure le bon classement de la Macif, 7e au général et 1ère dans la catégorie « incidents et découverts ». L’occasion de découvrir cette offre bancaire peu connue car réservée aux sociétaires de la compagnie d’assurance, en compagnie de Philippe Michel Labrosse, son directeur du pôle Finance Epargne.

Comment la Macif en est-elle venue à la banque au quotidien ?

« Depuis 1968, la Macif possède une activité de crédit à la consommation - du crédit auto essentiellement - via Socram Banque (1). Nous disposons également d’un activité assurance-vie très développée, grâce à Mutavie, notre filiale spécialisée. L’idée de lancer une banque au quotidien a émergé en 2008, dans un contexte de forte défiance à l’égard du secteur bancaire, suite à la crise des subprimes. Il nous est apparu légitime de transposer nos valeurs mutualistes dans l’univers de la banque de détail. L’offre, développée au sein de Socram Banque avec le soutien opérationnel de BPCE (2), a été commercialisée fin 2011, à destination de nos 5 millions de sociétaires. Aujourd’hui, nous avons déjà 85.000 clients bancarisés. »

Qu’est-ce qui distingue votre offre de celles des autres banques commerciales ?

« Elle est construite autour de quatre valeurs : transparence, accompagnement, prévention et partage. Transparence de nos tarifs : plus de 90% de nos clients optent pour le package Bleu Anis, facturé 6,95 euros par mois en entrée de gamme, et qui inclut tous les services essentiels. Accompagnement grâce à Macifin’, une plateforme téléphonique ouverte de 8h à 22h du lundi au samedi. Partage, aussi, grâce à la rémunération des dépôts sur les comptes courants dès le premier euro - proposée sans condition à tous les titulaires d’un compte Bleu Anis - ou encore au reversement, sous forme de cash-back, d’une partie des commissions interbancaires d’interchange que nous percevons lorsque nos clients utilisent leur carte bancaire (3). »

Notre palmarès vous distingue tout particulièrement sur la tarification des incidents de paiement et de fonctionnement du compte. Quelle est votre politique en la matière ?

« Il s’agit d’un aspect important qui complète notre volet prévention. Le monde bancaire est le plus souvent lourdement pénalisant pour les clients qui connaissent des difficultés passagères. Nous avons donc souhaité mettre en place une politique différente qui tarifie les frais d’incidents au plus juste par rapport à ce qu’ils coûtent réellement. Les découverts, en effet, sont rarement volontaires, ils interviennent le plus souvent chez des personnes en difficulté financière. Dans ce contexte, il nous paraîtrait anormal de surfacturer ces incidents. Mais à l’inverse, nous ne voulons pas non plus supprimer ces commissions, encourageant ainsi des comportements non vertueux. »

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Comment fonctionne la relation bancaire à la Macif ? Etes-vous plutôt une banque « en dur » ou une banque à distance ?

« Un peu des deux. Nous disposons de 540 points d’accueil physiques, et c’est en général là que nos sociétaires se rendent pour ouvrir leur compte. Ensuite, la vie du compte se déroule surtout à distance, sur internet ou par téléphone, grâce aux conseillers de Macifin’ »

L’offre bancaire est-elle un produit d’appel pour vos assurances ?

« En aucun cas. Actuellement, l’offre n’est accessible qu’à nos sociétaires. Nous le considérons comme un avantage significatif et donc comme un outil de fidélisation qui renforce notre relation avec eux. »

Envisagez-vous d’ouvrir cette offre aux non-sociétaires ?

« C’est une évolution possible mais ce n’est pas notre stratégie aujourd’hui. Partis plus tard, nous restons encore modestes par rapport à d’autres acteurs. Nous sommes toujours en phase de développement, avec l’ambition d’atteindre une taille critique de l’ordre de 300.000 clients à horizon 5 ans. Une ambition raisonnable, puisque nous pouvons compter sur 5 millions de sociétaires. »

Retrouvez notre palmarès des banques les moins chères, basé sur l’analyse de la tarification de 129 banques françaises.

(1) Banque spécialisée dans le crédit, filiale de 9 mutuelles d’assurance, dont la Macif.

(2) Le groupe Banque Populaire - Caisse d’Epargne, actionnaire de Socram Banque à hauteur de 30%.

(3) Au-delà de 150 paiements réalisés dans l’année, le client disposant d’un compte Bleu Anis bénéficie d’une compensation financière de 15 à 30 euros, selon le nombre de paiements.