Pour la première fois, l’Observatoire des tarifs bancaires (1) intègre dans son rapport 2014 une comparaison, ligne tarifaire par ligne tarifaire, des prix facturés par les banques en fonction des régions, qui permet de mettre en évidence certaines disparités.

26 : c’est, pour l’anecdote, le nombre moyen de banques présentes dans chacune des 22 régions françaises (2). La mieux dotée est le Rhône-Alpes, avec 36 enseignes différentes ; la Corse ferme la marche, avec 20 enseignes seulement. Mais la variété des enseignes, en permettant une concurrence accrue, a-t-elle un impact sur les tarifs pratiqués ? Les données fournies par le rapport 2014 de l’Observatoire des tarifs bancaires (3) ne permettent pas de l’affirmer. Selon l’institution, les régions où les tarifs bancaires sont les plus élevés sont en effet, dans l’ordre alphabétique (4) :

  • l’Alsace,
  • la Bretagne,
  • la France-Comté,
  • la Haute-Normandie,
  • le Nord-Pas-de-Calais.

Avec 27 enseignes différentes présentes sur son territoire, la Bretagne fait pourtant partie des régions les mieux dotées. Mieux par exemple que l’Île-de-France, qui figure parmi les régions les moins chères tout en ne comptant que 25 enseignes différentes.

Disparité des frais de tenue de compte

Les données fournies par l’Observatoire sont plus probantes sur l’hétérogénéité de certains tarifs en fonction des régions. Si « aucune région n’est plus chère ou moins chère que les autres pour l’ensemble des tarifs bancaires composant l’extrait standard (…), les écarts [peuvent] être importants d’une région à l’autre », explique le rapport.

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En valeur absolue, les trois lignes tarifaires où les différences sont les plus frappantes sont :

  • Les commissions d’intervention, avec un écart de 40,67 euros sur les plafonds mensuels moyens appliqués en Lorraine (128,51 euros) et en Alsace (87,84 euros). Toutefois, ce delta constaté au 5 janvier 2014 est appelé à diminuer considérablement dans le futur, la loi bancaire de juillet 2013 imposant un plafond mensuel de 80 euros depuis le 1er janvier.
  • La gestion de compte sur internet. L’abonnement mensuel à ce service, par ailleurs gratuit dans de nombreuses enseignes, coûte en moyenne 24,83 euros en Alsace contre 1,78 euro en Basse-Normandie.
  • Les frais de tenue de compte actif. Ils s'élèvent en moyenne à 19,70 euros par an pour les Bretons, contre seulement 2,76 euros pour les Franciliens.

Le prix des cartes plutôt homogène

A l’inverse, les prix facturés par les banques pour certains services apparaissent assez homogènes sur l’ensemble du territoire. C’est le cas des cartes bancaires. L’écart du coût annuel moyen des cartes internationales à débit immédiat entre la région la plus chère, la Haute-Normandie (39,73 euros), et la moins chère, l’Alsace (37,18 euros), est assez faible. Même chose pour les cartes à débit différé : 2,70 euros entre la plus chère - la Bretagne (45,86 euros) - et la moins chère - l’Île-de-France (43,16 euros). L’écart grandit à 7,04 euros pour les cartes à autorisation systématique.

Autre tarif très homogène sur l’ensemble du territoire : l’assurance perte et vol des moyens de paiement, qui coûte 25,48 euros par an en Corse et 23,45 euros en Bretagne, soit un écart de 2,03 euros.

(1) L’Observatoire des tarifs bancaires, créé en 2010 au sein du CCSF (Comité consultatif du secteur financier), a notamment pour mission de suivre l’évolution des principaux tarifs bancaires regroupés au sein de l’extrait standard des tarifs.

(2) Nous n’évoquerons dans cet article que les 22 régions de la France métropolitaine.

(3) Les tarifs utilisés pour le rapport sont ceux en vigueur au 5 janvier 2014.

(4) L’Observatoire ne fournit pas de classement global des 22 régions.