Quelle institution du secteur financier na pas aujourdhui sa structure dédiée à linnovation numérique ? Pas le vénérable Groupement des cartes bancaires (GIE CB) en tout cas, qui a lancé en début dannée 2017 le Lab by CB, chargé « dimaginer le commerce et le paiement de demain ».
Jeudi dernier, en marge de son forum annuel, le gestionnaire du système français de paiement par carte bancaire a exposé pour la première fois les innovations détectées et accueillies dans son incubateur.
Trois jeunes pousses
Parmi elles, on retrouve trois jeunes pousses lauréates dun challenge organisé par CB en juin dernier, à loccasion du salon VivaTech. Too Good To Go est une application destinée à lutter contre le gaspillage alimentaire, en permettant aux restaurateurs de vendre (ou donner) leurs invendus plutôt que de les jeter. Bam surfe sur la vague de la consommation intelligente en permettant de cumuler des bons dachats mobiles chez des commerçants partenaires. Enfin, Pay Yes est un service de délégation de paiement à ses proches, enfants, parents sous tutelle ou situés à létranger.
Mais au sein de son Lab, CB travaille aussi avec des industriels du paiement, des marques de portée mondiale comme Gemalto ou Idemia, produit de la fusion récente de Morpho et dOberthur Technologies, pour adapter la carte bancaire à léconomie numérique.
La carte biométrique, chantier prioritaire
Dans le domaine, un chantier semble prioritaire : la carte bancaire sans contact biométrique. « Cest lannée du milliard », a rappelé Philippe Lalaunie, le directeur général de CB : un milliard de paiements sans contact, cartes et mobiles confondus, effectués par les Français au cours de lannée 2017. « Il y avait des craintes au début, le sans contact a su gagner la confiance des usagers », sest félicité Loÿs Moulin, directeur du développement de CB. Le passage à 30 euros du plafond de paiement devrait permettre, espère CB, de tripler ce chiffre lan prochain.
Mais il y a des limites au paiement sans contact sans authentification : une limite réglementaire européenne - 50 euros - et une limite en termes de confiance et de risque. « Il est hors de question de faire sauter le plafond », a dailleurs expliqué Loÿs Moulin. Sauf à améliorer la sécurité du sans contact.
Une autonomie de 3 000 paiements
Cest tout lenjeu de la carte biométrique : saffranchir des plafonds en perfectionnant lauthentification sans lui retirer sa rapidité et sa simplicité. Pour y parvenir, lusage de lempreinte digitale, déjà appréciée par nombre dusagers sur leurs smartphones, est apparue assez naturel à lindustrie.
A loccasion du Forum CB, Idemia a présenté un prototype fonctionnel. Cette carte, baptisée F.CODE, embarque un capteur biométrique enchâssé dans une carte. Lenregistrement des empreintes de lusager se fait en quelques minutes, par le biais dune application installée sur un mobile ou une tablette compatible NFC. Et la carte a une autonomie de 3 000 paiements, ce qui lui permet dapprocher les 3 ans du durée de vie dans le cadre dun usage moyen. Son lancement par CB na pas encore de date, mais ne devrait pas tarder.
« Pizza bot »
La carte bancaire, toutefois, nest plus le seul horizon des paiements électroniques grand public. Si son usage dans le domaine est encore embryonnaire, il faudra compter avec le mobile. Le Lab by CB la bien compris en travaillant aussi sur la technologie dite du « chatbot ». Un algorithme en fait capable dinteractions simples avec un usager via une messagerie instantanée. Le groupement a ainsi présenté son « pizza bot », qui permet de commander une pizza (ou tout autre bien de consommation) en utilisant Messenger, la messagerie de Facebook, et de régler sa commande dans la même interface grâce à Paylib, le service de paiement mobile de CB. Là encore, nous nen sommes encore quau prototype, mais larrivée sur le marché est à portée de main.
Naissance du conseil consultatif du commerce
Le Forum CB a également été loccasion de présenter officiellement une nouvelle instance créée en son sein, le Comité consultatif du commerce. Le groupement y accueillera les représentants de 6 associations professionnelles représentatives de toutes les formes de commerces. Objectif : « instaurer un dialogue permanent » avec les commerçants sur les usages de paiement, les parcours dachat, la lutte contre la fraude, etc.





















