Les 60 plus grandes banques mondiales sont exposées à hauteur de 1 350 milliards de dollars à des actifs liés aux énergies fossiles, selon une étude publiée mardi par l'ONG Finance Watch.

« Ces actifs risquent de perdre considérablement de leur valeur lors de la transition vers la neutralité carbone », a alerté l'association bruxelloise qui « estime que les instances de réglementation internationales devraient prendre de nouvelles mesures », notamment concernant les exigences de fonds propres.

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1,5% du total des actifs

Ces 1 350 milliards de dollars représentent près de 1,5% du total des actifs des établissements. Quant aux banques françaises, elles « sont exposées à des risques liés aux actifs fossiles d'une valeur d'environ 142 milliards de dollars », estime l'ONG.

La comptabilisation des actifs liés aux énergies fossiles est cependant un exercice délicat : en 2021, plusieurs ONG avaient estimé l'exposition des onze plus grandes banques européennes à 532 milliards d'euros, un niveau nettement supérieur aux 239,3 milliards de dollars que Finance Watch attribue aux 22 plus grandes banques européennes.

Un écart de chiffre que Finance Watch explique par « la différence dans la portée et la définition des activités liées aux combustibles fossiles ».

Le rapport de 2021 a « un périmètre beaucoup plus large (par exemple, il inclut les transports et même les services), alors que nous ne ciblons que les activités en amont, et les centrales électriques », a expliqué l'ONG à l'AFP, « notre périmètre est en ligne avec nos propositions et vise à cibler les actifs, qui seront très certainement bloqués dans les scénarios de neutralité carbone ».

Malgré un dialogue soutenu, les banques et les ONG s'affrontent régulièrement sur le terrain du climat, les premières vantant leurs avancées, les secondes dénonçant du « greenwashing » et la poursuite du financement des énergies fossiles.

Selon l'Agence internationale de l'énergie, aucun nouveau projet pétrolier et gazier ne doit voir le jour dans un scénario de +1,5 degré d'ici à 2100 comparé à la période préindustrielle.

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