Le gouverneur de la Banque de France François Villeroy de Galhau s'attend à voir les taux de la Banque centrale européenne remonter à un niveau « neutre » près de 2% d'ici décembre, avant d'aller plus loin en fonction de l'inflation.

L'inflation a atteint 9,1 % dans la zone euro en août et 8,3 % aux États-Unis, et par conséquent la fin de la politique d'argent facile, autrement dit la « normalisation de la politique monétaire », est « entièrement justifiée, notamment dans la zone euro », a déclaré le banquier central français lors d'une conférence du Fonds monétaire international à Washington.

En septembre, la BCE a franchi un pas historique en relevant d'un coup de 75 points de base ses taux directeurs, du jamais vu depuis l'entrée de l'euro.

0,75% actuellement

Le taux qui fait référence, celui sur les dépôts bancaires au guichet de la BCE, est ainsi passé de 0% à 0,75%. « Il est trop tôt pour se prononcer sur le niveau final des taux d'intérêt », mais le taux « neutre », qui ne favorise ni ne pénalise l'économie, « peut selon moi être estimé comme inférieur à, ou proche de 2% » en termes nominaux et « nous pourrions atteindre ce niveau d'ici la fin de l'année », a ajouté François Villeroy de Galhau.

Du fait que les banques vont répercuter ces hausses de taux d'intérêt, les entreprises et consommateurs vont devoir emprunter plus cher et cela aura un effet d'étranglement sur la croissance économique, en devant par conséquent baisser l'inflation.

La BCE envisage bien de relever ses taux lors de ses réunions à venir, a déclaré en journée le chef économiste Philip Lane, jugeant qu'un « pas majeur » a déjà été effectué en septembre pour sortir du cadre très accommodant de la politique monétaire hérité d'années passées de faible inflation.

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Les prochaines hausses pourraient cependant être de moins grande ampleur au fur et à mesure que l'on se rapproche d'une fin de cycle de hausse des taux, a-t-il par ailleurs laissé entendre.

Hausse progressive

Plusieurs économistes tablent désormais sur une hausse des taux de 75 points de base en octobre et 50 points de base en décembre, ce qui amènerait le taux sur les dépôts à 2%.

Puis, avec la récession qui commence à se faire sentir, les pressions inflationnistes déclinant et d'éventuelles tensions sur la dette d'États plus vulnérables, la BCE « fera une pause et restera en attente » début 2023, selon le groupe bancaire HSBC.