Le gouverneur de la Banque de France François Villeroy de Galhau a affiché samedi sa détermination à combattre l'inflation, lors d'un discours prononcé à l'occasion d'une réunion de banquiers à Jackson Hole, aux Etats-Unis.

« Ramener l'inflation à 2% est notre responsabilité ; notre volonté et notre capacité à tenir les engagements de notre mandat ne sont pas négociables », a déclaré le gouverneur, selon son discours obtenu par l'AFP.

Vendredi, le président de la Réserve fédérale américaine Jay Powell a prévenu que le retour à la stabilité des prix « prendra du temps » et « entraînera une longue période de croissance plus faible ».

La hausse des prix à la consommation dans la zone euro a atteint en juillet le niveau record de 8,9% sur un an. Afin de l'endiguer, la Banque centrale européenne (BCE) a relevé fin juillet d'un demi-point de pourcentage ses trois principaux taux directeurs, pour les porter entre 0% et 0,75%.

Selon les observateurs, elle devrait à nouveau les relever lors de sa prochaine réunion de politique monétaire le 8 septembre, bien que la conjoncture se soit assombrie cet été dans la zone euro.

« Nous pouvons avoir une approche graduelle, mais nous ne devons pas être lents et retarder la normalisation (de la politique monétaire, NDLR) jusqu'à ce que des anticipations d'inflation plus élevées nous obligent à des relèvements de taux agressifs », a justifié le gouverneur.

Pour François Villeroy de Galhau, le taux d'intérêt directeur neutre, compatible avec une croissance de long terme équilibrée, « se situe probablement entre 1% et 2% ».

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Jusqu'à ce que ce niveau soit atteint, « la voie à suivre est claire et nous pouvons nous y engager résolument et durablement, y compris en offrant une certaine visibilité » aux acteurs économiques sur le rythme des relèvements de taux à venir.

Tout en reconnaissant que « au moins pour l'Europe, les perspectives de croissance pour l'an prochain ont été revues à la baisse en raison des prix de l'énergie et du gaz ainsi que de l'évolution des taux de change », le gouverneur de la Banque de France n'exclut pas une hausse des taux au-delà du niveau neutre.

« N'ayez aucun doute qu'à la BCE, nous augmenterons les taux si nécessaire au-delà de la normalisation », assure M. Villeroy de Galhau dans son discours.