HSBC a mis en vente la banque de particuliers de sa filiale française. L'opération pourrait capoter, victime de l'épidémie de coronavirus. Pressenties pour le rachat, la Banque Postale et la Société Générale ont d'autres problèmes à gérer.

C’est un feuilleton qui dure. Plus de six mois après les première rumeurs de vente par HSBC de sa filiale de banque de détail en France, le projet semble avoir du plomb dans l’aile avec la crise du coronavirus. « C'était déjà un deal qui avait beaucoup de mal avant. Je ne peux pas imaginer que La Banque Postale et Société Générale soient concentrées dessus en ce moment », souligne un consultant interrogé par Les Echos.

Alors que les conséquences de l’épidémie sur le secteur sont incertaines, miser sur une banque déficitaire est un pari risqué. HSBC France qui compte, entre autres, 800 000 clients particuliers a perdu 39 millions d'euros en 2019, après une perte de 17 millions l'année précédente. Fin décembre, l'effectif de HSBC France représentait 8 850 équivalents temps plein, dont 3 500 dans les seules activités de banque de particuliers.

Un prix de vente dérisoire

Selon un expert, pour mener à bien l’opération, « il faut compter 200 à 300 millions d'euros pour financer la restructuration du réseau et un plan de départs portant sur environ 500 postes. S'ajoute à cela une migration informatique qui coûtera plus de 100 millions. » De quoi expliquer que les acheteurs potentiels proposeraient à HSBC un prix proche de zéro, voire négatif. Dans le contexte actuel, « cela nécessite des travaux colossaux par des gens qui sont tous arrêtés ou en télétravail », souligne un spécialiste.

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Rémy Weber, président de la banque de La Poste, avait mis un gros coup de pression sur HSBC, début mars, expliquant être intéressé par le rachat de la banque de détail d’HSBC en France, s’il pouvait mettre la main sur l’activité qui l’intéresse vraiment : les 60 000 clients entreprises de l'enseigne. « Je ne suis pas candidat au rachat du réseau HSBC dans le périmètre qui est en vente aujourd'hui », expliquait-il. La direction de HSBC France risque de devoir faire des concessions.

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