Les autorités européennes doivent davantage harmoniser le cadre réglementaire au sein de l'Union et renforcer les prérogatives des superviseurs transnationaux afin de lutter plus efficacement contre le blanchiment d'argent, plaide mardi la Fédération bancaire européenne.

« L'inefficacité du cadre actuel signifie que l'Union européenne devrait envisager, après 30 ans de réglementation sur la lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme, une révision de ce régime », écrit la Fédération bancaire européenne (FBE) dans une note d'une quarantaine de pages sur ce thème.

Notamment, « les exigences réglementaires actuelles varient à travers l'Union européenne, avec une mise en œuvre inégale des directives européennes ainsi que des divergences dans la manière dont les règlementations nationales appliquent ces directives », relève la Fédération.

En outre, « en dépit d'importants efforts en la matière, le cadre institutionnel de l'Union européenne sur les questions de lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme reste fragmenté », ajoute le lobby bancaire européen, soulignant que « les criminels savent comment exploiter la fragmentation règlementaire en Europe ».

Dans ce contexte, la fédération plaide - entre autres - pour « harmoniser les politiques existantes en faisant la promotion d'une législation directement applicable » et ainsi « réduire les possibilités d'asymétrie à l'échelon national ». De plus, « en renforçant le rôle de l'Autorité bancaire européenne dans l'édification des règles, celles-ci pourraient être mises en œuvre de manière plus uniforme », poursuit la fédération.

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De multiples scandales

Depuis deux ans, les scandales liés au blanchiment d'argent se sont multipliés en Europe, de la banque maltaise Pilatus Bank, au cœur de malversations financières révélées par Daphne Caruana Galizia, journaliste assassinée en octobre 2017, à la faillite de la troisième banque de Lettonie, ABLV, accusée par Washington de blanchiment d'argent. Enfin, la banque danoise Danske Bank est au cœur d'une affaire portant sur le blanchiment entre 2007 et 2015 d'environ 200 milliards d'euros au travers de sa filiale estonienne, qui a éclaboussé au passage Deutsche Bank.

« La FBE reconnait que certaines banques européennes n'ont peut-être pas réussi à remplir de manière consistante leurs obligations de conformité », mais même quand les règles sont respectées, « les résultats peuvent se révéler décevants », fait valoir la fédération dans la note.