Installée à Londres, Revolut a fait le choix de déposer sa demande dagrément détablissement de crédit en Lituanie. Un choix lié à la perspective du Brexit - qui risque de remettre en cause la possibilité pour les établissements financiers agréés au Royaume-Uni dexporter librement leurs services dans lUnion européenne - mais aussi par lexistence dans ce pays dune procédure simplifiée, destinée justement à attirer les fintechs de toute lEurope vers la République balte. Cette demande a abouti en décembre 2018, ouvrant la voie au lancement par Revolut de nouveaux produits, notamment du crédit.
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Revolut réfute tout lien avec le Kremlin
Ce choix, toutefois, pourrait se retourner contre Revolut. Selon Silicon Republic, le parlement lituanien examine en effet un projet de résolution, visant à enquêter sur la compatibilité des activités de Revolut avec les intérêts du pays. Une démarche qui pourrait aboutir au retrait de la fameuse licence.
Pourquoi cet inquiétude du parlement ? Elle tient notamment à lexistence de liens supposés du patron de Revolut, Nikolay Storonsky, avec le pouvoir russe. Né et formé en Russie, lancien trader, qui a pris depuis la citoyenneté britannique, est en effet le fils du directeur dune filiale de Gazprom, première entreprise russe, spécialisée dans lextraction de gaz naturel et contrôlée par le Kremlin. Dans un pays qui a passé plusieurs siècles sous le joug de lemprise russe, puis près de 5 décennies (de 1945 à 1990) sous celui de lUnion soviétique, le parlement sinterroge ainsi sur la « vulnérabilité politique » de la néobanque vis-à-vis de son puissant voisin.
Dans sa réponse à Silicon Republic, Revolut a réfuté tout lien de son patron avec le pouvoir russe, et sest dite prête à travailler avec les autorités lituaniennes pour éclaircir toute interrogation soulevée par le projet de résolution.

















