Pour la 4e année consécutive, le cabinet Deloitte a demandé aux Français (1) dévaluer la notoriété, lusage et lintérêt des nouveaux services digitaux proposés par les banques, les assureurs et les fintechs. Une liste de services qui comporte désormais 12 entrées, avec lajout cette année des solutions de paiement numérique et des assurances de courte durée à la demande.
Verdict ? Ces innovations connaissent des fortunes diverses. Certaines ont beaucoup de mal à intéresser les Français. Cest le cas du conseil digitalisé et automatisé : chatbots, voicebots, etc. Après avoir déclenché une légère curiosité, ces technologies suscitent désormais surtout des réticences. Le pourcentage des Français qui nen veulent pas progresse ainsi de 9 points en un an, pour atteindre 47%. Leur avis est relativement clair : le conseil en banque et en assurance doit rester humain.
Dautres nouveautés ne prennent pas plus dans le grand public. Les cryptomonnaies par exemple. Certes, le bitcoin et les autres bénéficient dune grande notoriété (78%) et leur usage progresse un peu (10%, +3 points). Mais les Français intéressés sont rares : 12% seulement des sondés, pire score du panel. Citons également les cagnottes en ligne, qui nintéressent que 18% des gens, ou de lassurance auto connectée (20%).
Lagrégation de comptes fait sa place
Il arrive toutefois quà force, certaines innovations finissent par faire leur place. Cest le cas, semble-t-il, des services dagrégation de comptes, qui permettent de réunir dans une même interface les données issues de plusieurs comptes bancaires détenus dans différentes banques. Leur notoriété (41%, +7 points) et leur usage (14%, +5) ont nettement progressé depuis un an, même si lintérêt des Français reste encore limité (18%). Cela tient certainement à lintégration de ce nouveau service par les banques traditionnelles : 54% des usagers se servent en effet de lagrégateur inclus dans lapplication ou le site web de leur banque, contre 33% qui utilisent une application dédiée, comme Bankin ou Linxo.
Les innovations qui retiennent le plus lattention se trouvent toutefois du côté des paiements. En premier lieu, le paiement en ligne sans coordonnées bancaires (44%), du type PayPal, qui est aussi le service le plus utilisé à lheure actuelle (par 63% des sondés). Mais également le virement SEPA instantané, qui commence tout juste à émerger mais intéresse déjà 35% des Français.
Les néobanques progressent
Lémergence de nouvelles offres bancaires 100% mobile et à bas coût a été lévénement des deux dernières années sur le marché français : N26, Orange Bank, Revolut, etc. Mais trouvent-elles leur public ? 7% des personnes interrogées par Deloitte se déclarent clientes dune néobanque. Un taux de pénétration encore faible, mais qui progresse : +3 points en un an. Quel usage en font ces pionniers ? La majorité des sondés sen servent comme dun compte courant personnel secondaire, complémentaire de comptes détenus dans des établissements traditionnels.
(1) Etude Deloitte / Harris Interactive auprès de 2 000 répondants représentatifs de la population française de 18 à 70 ans. Chaque service est testé par 1 000 répondants représentatifs de la population française. Interrogation via un questionnaire de 10-15 minutes administré en ligne, du 17 au 27 janvier 2019.

















