« Bien que plus de la moitié sont encore de très petites structures de moins de 10 salariés, les fintechs emploient directement près de 10 000 personnes, sans compter les freelances », rapporte Exton Consulting dans sa dernière étude dédiée aux fintechs et réalisée avec le pôle de compétitivité Finance Innovation (1). Par ailleurs, sur les 500 jeunes pousses répertoriées par le cabinet, les deux tiers font appel à des freelances. Ces derniers pouvant représenter 30% des effectifs, voire 50% pour les fintechs qui comptent moins de 5 salariés.
Employé type : homme, parisien, la trentaine
De plus, pour travailler dans une néobanque, un néo-assureur ou encore un éditeur de logiciels financiers, mieux vaut résider à proximité de la capitale. 80% des fintechs ont en effet élu domicile dans le bassin parisien. Létude souligne toutefois que de nouveaux pôles émergent. « Dautres villes sont particulièrement dynamiques avec des programmes daccompagnement dédiés fintech ». Il sagit notamment de Lyon, Grenoble, Niort, Nantes, Marseille ou encore Bordeaux.
Mais cest surtout lâge des salariés qui distingue les start-ups de la finance des acteurs traditionnels. Les personnes travaillant pour une fintech ont en moyenne 31 ans, quand les salariés du secteur bancaire classique sont en moyenne âgés de 10 ans de plus, selon les dernières statistiques de lAssociation française des banques (2). En revanche, les fondateurs des fintechs se révèlent un peu plus expérimentés que leurs salariés. Généralement âgés de plus de 40 ans, 3 sur 4 ont auparavant travaillé dans le secteur financier, « majoritairement en banque », souligne Exton Consulting.
Plus jeunes, les équipes composant les fintechs sont aussi moins féminines que dans le secteur bancaire traditionnel. « La filière nembauche quun quart de femmes, et dans 9 cas sur 10, les fondateurs sont des hommes », constate létude. En comparaison, les effectifs en CDI et CDD des banques sont composés à 57% de femmes à fin 2017.
Lincubation : un passage presque incontournable
Il est décidément bien loin le mythe du garage dans lequel les entrepreneurs peaufinent, seuls, leur projet. Les fintechs lui préfèrent largement les incubateurs. Plus de 60% d'entre elles passent ainsi par un programme dincubation ou daccélération. « Dans les 6 derniers mois, une dizaine de structures fintechs ont été lancées dans plusieurs villes de France (Grenoble, Niort, Brest) : le tissu daccompagnement des jeunes pousses de la finance maille désormais lensemble du territoire relayé par le réseau fintech en charge de promouvoir les jeunes pousses locales », peut-on ainsi lire dans létude.
Compétence recherchée : lintelligence artificielle
Les start-ups de lHexagone couvrent tous les domaines de lindustrie financière : crédit, assurance, paiement, gestion de trésorerie et de patrimoine, conformité Mais cest la banque qui s'avère être le segment le plus mature. « Aujourdhui, 50% des fintechs impactent les métiers de la banque, que ce soit la banque de détail ou le paiement ( ) Les insurtechs (néo-assureurs, néo-courtiers en ligne, ou éditeurs de solutions SaaS pour les assureurs) sont une vague plus récente qui ne représente que 20% des start-ups financières », expliquait récemment Sophie Zellmeyer, directrice Fintech & Innovation chez Exton Consulting.
Point commun quelle que soit leur branche : les jeunes pousses adorent utiliser les données quelles recueillent. 50% dentre elles sappuient en effet sur lintelligence artificielle ou le traitement algorithmique de données. Pour travailler dans une fintech, mieux vaut également maîtriser la langue de Shakespeare. En effet, plus de 4 fintechs françaises sur 10 ont déjà passé des contrats commerciaux en dehors de la France. Et, une sur deux, lorsquelle lève des fonds, espère ainsi sinternationaliser.
(1) Etude Exton Consulting en partenariat avec Finance Innovation, « Attractivité de la France pour le développement de lécosystème FinTech », octobre 2017. (2) Rapport AFB, « Profil de branche 2018 », juin 2018.


















