Néobanques ? Banques « challengers » ? Comptes de paiement alternatifs ? La terminologie nest pas encore figée. Le phénomène, pour autant, est bien réel. A côté du marché traditionnel de la banque de détail, de ses acteurs à réseau dagences ou 100% en ligne, sest installée en 2017 une offre alternative, où 4 acteurs se distinguent et dautres frappent à la porte.
Toutes ces néobanques ont un point commun : linitiative de leur création est venue de lextérieur du secteur bancaire. « La tenue de compte et des moyens de paiement est un métier devenu purement technologique », se plaît ainsi à rappeler Hugues Le Bret, fondateur et président du Compte Nickel, pour justifier la pertinence de nouvelles offres, qui mettent en effet laccent sur laccessibilité, le temps réel, la transparence tarifaire Moins, évidemment, sur les limites de leurs catalogues - du paiement et un peu dassurances, mais pas de crédit et dépargne dans limmédiat - ou de leurs usages - cartes à autorisation systématique, IBAN étranger pour certaines.
Lancées sans recours à la publicité de masse - un autre point commun -, ces nouvelles enseignes nont pas encore bousculé le marché de la banque de détail. Mais elles y ont indéniablement trouvé leur place, comme le montre le tableau ci-dessous :
| Enseigne | Date du lancement officiel en France | Nombre de comptes ouverts à la fin 2017 |
|---|---|---|
| Compte Nickel | Février 2014 | 800 000 |
| Revolut | Juillet 2017 | 200 000 |
| N26 | Janvier 2017 | 200 000 |
| C-zam | Avril 2017 | 120 000 (estimation) |
NB : les données compilées dans ce tableau sont celles déclarées par les acteurs eux-mêmes. Il sagit du nombre de comptes ouverts : tous pour autant ne sont pas forcément actifs ou à jour de cotisation. C-zam nayant pas donné suite à nos sollicitations, le chiffre fourni est une estimation, calculée à partir du nombre de clients revendiqués après six mois dexploitation (90 000 fin octobre 2017) et en prenant pour hypothèse que la conquête clients sest poursuivie sur le même rythme jusquà la fin de lannée.
Compte Nickel, la prime à l'ancienneté
Précurseur de la néobanque en France, le Compte Nickel, lancé en février 2014, ne faiblit pas. Au contraire : à mesure que souvrent de nouveaux points de vente - le produit est distribué en exclusivité par les bureaux de tabac -, il compte environ 30 000 nouveaux comptes par mois, et a dépassé les 800 000 fin 2017.
Au cours de lété dernier a débuté le deuxième épisode de lhistoire de Compte Nickel. En même temps quelle annonçait avoir atteint son seuil de rentabilité, la fintech a en effet bouclé son rachat par BNP Paribas. Dans limmédiat, la banque parisienne semble lui avoir laissé toute sa liberté. Cela peut-il changer à lavenir ? Possible, mais peu probable, tant la formule semble fonctionner.
N26 et Revolut au coude à coude
Si les néobanques ont certains points communs, déjà soulignés, elles présentent aussi des différences, qui distinguent notamment le Compte Nickel de ses deux principaux outsiders, N26 et Revolut. Alors que la première sappuie sur un réseau de distribution physique - les buralistes -, les deux autres revendiquent en effet leur statut de banque mobile et dématérialisée, et sadressent donc à un segment de clientèle plus spécifique, plutôt jeune et très à laise avec les nouvelles technologies.
Cela nempêche pas les deux enseignes de trouver leur public en France, à bonne distance il est vrai de Compte Nickel. Lancée officiellement en janvier 2017 dans lHexagone (après un premier aller-retour de décembre 2015 à avril 2016), lAllemande N26 revendique 200 000 comptes ouverts fin 2017, au rythme actuellement très élevé de 5 000 par semaine. 200 000 comptes, cest également le chiffre revendiqué par la Britannique Revolut, disponible pour les clients français depuis son lancement en 2015, mais qui nouvre des comptes en euros que depuis juillet 2017.
C-zam, outsider de poids
Le succès du Compte Nickel a donné des idées à Carrefour. La banque du géant de la distribution a lancé en avril dernier C-zam, un compte de paiement distribué dans les supermarchés de la marque, moyennant 5 euros à louverture et un euro par mois ensuite. Comme Compte Nickel, la cible est large : des clients mal bancarisés, en difficulté financière mais aussi des personnes en quête dun compte de complément pour leurs achats en ligne ou leurs voyages.
Là encore, le succès semble au rendez-vous : en octobre dernier, C-zam revendiquait 90 000 comptes ouverts en 6 mois et, au rythme moyen de 3 500 nouveaux comptes par semaine, a probablement dépassé les 120 000 fin 2017.
Lydia, Morning, Max et les autres
Si elle refuse létiquette de néobanque, Lydia est également un acteur à suivre. Grâce notamment à son implantation sur les campus universitaires, le service de paiement revendique un million dusagers en France. Il a aussi lancé une carte bancaire en 2017 et compte encore enrichir son offre en 2018.
Après avoir failli disparaître début 2017, la fintech toulousaine Morning a relancé, sous limpulsion de son nouvel actionnaire E. Leclerc, ses offres à destination des particuliers. Elle revendique 100 000 clients en France.
Lancé en novembre dernier, Max se différencie par laccent mis sur le conseil et lagrégation de comptes et de cartes externes. Pas de chiffres dans limmédiat pour le service développé par une fintech interne au Crédit Mutuel Arkéa.
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