Le Crédit Mutuel Arkéa (CMA) sest résolument engagé sur la voie de la sécession, mais le processus sera complexe et son issue incertaine. Cest en substance le message qui a été envoyé par Odile Renaud-Basso et François Villeroy de Galhau à Jean-Pierre Denis, le président de la banque bretonne.
Dans un courrier expédié le 25 janvier mais communiqué aujourd'hui seulement à la presse, après que Le Monde en ait eu connaissance, la directrice générale du Trésor et le président du régulateur du secteur bancaire, lACPR (1), dévoilent la conclusion de Christian Noyer, envoyé en 2017 en mission de médiation dans la guerre des Crédits Mutuels. Lancien gouverneur de la Banque de France estime que le maintien de lunité est le scénario qui « offre les meilleures garanties ( ) pour les sociétaires et clients du Crédit Mutuel Arkéa », mais aussi que la séparation est possible.
C'est d'ailleurs ce dernier point que veut retenir Arkéa. « Si les pouvoirs publics ont toujours indiqué préférer lunité et ne pas vouloir intervenir par la voie législative, ils envisagent pour la première fois la possibilité dune séparation sans passer par la loi », a réagi la communication de la banque.
Pas question de créer un nouveau groupe mutualiste
Les autorités de tutelle le confirment en effet dans leur courrier : il n'est pas question pour le gouvernement de légiférer sur « un nouveau groupe mutualiste au sens du code monétaire et financier ». Mais une autre voie est possible, argumente Arkéa : « Nous sommes en relation avec les autorités françaises et européennes pour définir précisément la solution sur la base de schémas dorganisation qui existent déjà au plan européen et qui préservera notre modèle coopératif et mutualiste. »
En attendant, le Trésor et lACPR demandent à Jean-Pierre Denis de présenter aux caisses locales - appelées à se prononcer sur la sécession « au cours du 1er semestre », précise Arkéa - un scénario de sortie « rigoureusement documenté » : il « devrait examiner notamment lagrément et le statut de [la nouvelle banque Arkéa], ses relations avec les caisses locales et les activités régulées que ces dernières pourraient maintenir dans ce cadre sans organe central ni agrément collectif ».
Pour mémoire, un collectif de salariés dArkéa a annoncé vendredi dernier que la Confédération nationale du Crédit Mutuel (CNCM), lorgane central de lactuel groupe bancaire, avait lancé un processus de sanction contre les dirigeants dArkéa, pouvant aller jusquà la révocation. Une nouvelle tentative de « déstabilisation » selon Arkéa, « une nouvelle fois, à lheure où le groupe engage un processus de consultation de ses caisses locales ».
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(1) Autorité de contrôle prudentiel et de résolution
Mise à jour (5 février, 17h57) - Ajout de la réaction d'Arkéa.
















