Il sen est fallu de peu pour que la Banque Populaire ne devienne la banque du ski. Jusquen 1994, lenseigne mutualiste a effet entretenu des rapports privilégiés avec lunivers de la neige et de la glisse. Une proximité quelle conserve dailleurs encore pour partie, par le biais de la Banque Populaire Auvergne Rhône Alpes. Mais finalement, plutôt que le blanc, elle a préféré le bleu.
Lévénement fondateur de lhistoire qui lie aujourdhui intimement la Banque Populaire au monde de la voile se situe en 1989. A lépoque, une des stars de la course au large, Francis Joyon, lance un signal de détresse dans les médias : il lui manque de largent pour participer à la Lorient-Les Bermudes-Lorient, une transat aujourdhui défunte. Lappel est entendu par le directeur de la Banque Populaire de lOuest, et lenseigne bretonne décide de laider. Las, Joyon doit abandonner au bout de trois jours. Mais la Banque Populaire, elle, a déjà pris goût à la course au large. « Il y a une forte adéquation entre les valeurs du skipper et celle de la Banque Populaire : lentrepreneuriat, le courage, laudace, le dynamisme », se félicite aujourdhui Thierry Bouvard, responsable du pôle sponsoring chez Banque Populaire.
Le sponsor voile le plus titré au monde
Il faudra toutefois attendre 1996 pour que le sponsoring de la voile quitte lOuest pour devenir un projet national piloté depuis Paris. Puis 1998 pour que la décision soit définitivement prise de devenir la banque de la voile. En 1998 également, la Banque Populaire, dont les bateaux nont encore gagné aucune course, décide de se donner les moyens de ces ambitions et met en place le Team Banque Populaire, une écurie de course de très haut niveau. Linvestissement porte réellement ses fruits en 2005, lorsque senclenche enfin une dynamique de victoires.
Douze ans plus tard, la Banque Populaire peut revendiquer le statut de sponsor voile le plus titré au monde. De fait, ses bateaux et ses skippers ont tout gagné ou presque : parmi les victoires les plus prestigieuses, la Transat en double Jacques-Vabre (en 2005 avec Pascal Bidégorry et Lionel Lemonchois), le Trophée Jules-Verne (en 2012 avec Loïck Peyron), la Route du Rhum (en 2014, toujours avec Loïck Peyron) et, en forme dapothéose, le Vendée Globe 2016, grâce à son skipper actuel, Armel Le Cléach.
La Banque Populaire est aussi armatrice
La Banque Populaire ne se contente pas dapposer son logo sur la voile dun bateau ou le gilet dun skipper. Elle construit aussi ses propres bateaux. Le premier, Banque Populaire I, date de 1994. Le dernier, Banque Populaire IX, un trimaran dernière génération de 32 mètres, est cours de construction et sélancera prochainement de Brest avec Armel Le Cléach à la barre, pour tenter de réaliser en solitaire un tour du monde en 50 jours ou moins. Entretemps, en 2008, la Banque Populaire a aussi armé le Maxi Banque Populaire V, plus grand trimaran jamais construit - plus de 40 mètres de long - qui a notamment permis à Loïck Peyron de remporter en 2012 le Trophée Jules-Verne, en bouclant un tour du monde en équipage en un peu plus de 45 jours.
Un investissement de 5,5 millions deuros par an
Une fois nest pas coutume - elle est loin de le faire systématiquement -, la Banque Populaire a choisi dexploiter cette victoire dans le film publicitaire ci-dessous.
Remporter des victoires dans les grandes courses au large, cest en effet sassurer une exposition médiatique ponctuelle mais énorme. « Larrivée du Vendée Globe par exemple, cest plusieurs heures de direct sur les chaînes dinfo, louverture des JT, etc. » explique Thierry Bouvard. « Cela touche un large public, au-delà des seuls passionnés de voile ». Le responsable sponsoring estime ainsi quen termes de retombées, la récente victoire dArmel Le Cléach a représenté léquivalent de 55 millions deuros investis en espaces publicitaires traditionnels. Pas mal, pour un investissement global qui représente actuellement 5,5 millions deuros par an.
Sur le modèle du sponsor unique
Toutefois, au-delà des retombées médiatiques à court-terme, la Banque Populaire a choisi dadapter à la voile le modèle du sponsor unique, à limage de BNP Paribas dans le tennis ou du Crédit Agricole dans le football. Outre la course au large, lenseigne est partenaire de la Fédération française de voile. Elle finance ainsi le haut niveau, notamment certains athlètes olympiques, mais aussi la pratique amateur, en fournissant aux clubs et aux écoles des gilets de sauvetages ou des bouées de compétition à ses couleurs. Une stratégie qui crée une affinité très forte entre la marque et le sport quelle sest choisi, avec un objectif : lorsque le public voit le mot « voile », il doit penser « Banque Populaire ».
Parvenir à ce résultat est un travail de longue haleine mais cest aussi la meilleure garantie quaucun concurrent ne viendra marcher sur vos plates-bandes. Certains assureurs (Groupama, Macif notamment) investissent dans la course au large, mais aucune autre banque. La Banque Postale a bien essayé dy mettre un pied en 2010, en sponsorisant la Route du Rhum. Mais laventure a été sans lendemain.



















