Dun côté, des services bancaires du quotidien (gestion budgétaire, paiement, épargne) confiés à des sociétés high tech spécialisées, via des applications mobile dernier cri ; de lautre des enseignes bancaires ramenées au rang de simples chambres denregistrement, comptables des opérations de leurs clients et garantes de leur sécurité. Cest un des avenirs possibles de la banque de détail. Et ce nest pas le plus favorable aux banques, qui y perdraient laccès direct au client et avec lui des opportunités de revenus.
Comment les banques peuvent-elles éviter ce risque de désintermédiation ? Cest la question posée par lédition 2017 du World Retail Banking Report, grande étude annuelle sur le marché de la banque de détail, coproduite par la société informatique Capgemini et lEfma, think tank bancaire spécialiste de linnovation.
Collaboration avec les fintechs
La réponse est assez paradoxale : pour éviter de perdre laccès au client, les banques doivent souvrir. « [Celles] qui réussiront le mieux », affirme Vincent Bastid, secrétaire général de l'Efma, « sont celles qui utiliseront des API ouvertes pour collecter des informations sur leurs clients et générer de nouvelles sources de revenus, tout en améliorant l'expérience client ». Les API - ou interfaces de programmation applicative - permettent en effet à une application de se connecter à une autre application et de lui fournir des données et des services. Elles sont ainsi un « outil essentiel aux banques pour tirer parti de l'ingéniosité des fintechs sans avoir à modifier en profondeur les infrastructures existantes », détaille le rapport.
Le futur paysage de la banque de détail dépendra en effet, pour une part, de la manière dont les banques parviendront à travailler avec ces sociétés technologiques du secteur financier. Cette collaboration, en effet, apparait désormais incontournable pour 9 banques sur 10 et 3 fintechs sur 4, selon les résultats dun sondage mené dans le cadre de létude. Mais quelle forme prendra-t-elle ?
De nouvelles sources de revenus grâce aux API
54% des fintechs et 43,5% des banques pensent quelles collaboreront pour développer ensemble des plateformes offrant des services complémentaires groupés aux clients. Cest donc le scénario le plus probable pour les deux secteurs. Mais il y a une alternative possible, qui convainc près la moitié des fintechs (47,8%) et nettement moins les banques (28,8%) : cest celui envisagé en début darticle, où les banques abandonnent à ces tiers la distribution de leurs produits, et tout ou partie de la relation avec le client.
Lenjeu sous-jacent est évidemment celui de la capacité des banques à gagner de largent dans cette nouvelle configuration. Elles doivent choisir « soigneusement leur modèle économique dinteraction avec les clients » préviennent Capgemini et lEfma. De ce point de vue, la révolution en cours nest pas dénuée de perspectives. « Les banques ont lopportunité dutiliser leurs données clients non seulement pour améliorer lengagement du client, mais aussi pour créer de nouvelles sources de revenus », explique létude.
Les banques disposent ainsi de trois pistes pour monétiser laccès à leurs données. La première est celle du partage des revenus générés par la fintech grâce aux API. Une solution qui plaît aux banques (48% dentre elles lenvisagent positivement), mais pas aux fintechs. Ces dernières, dune courte majorité (54,3%), sont plutôt convaincues par une sorte de « paiement à lacte » : la fintech paye une commission à la banque à chaque fois quelle effectue une transaction via lAPI. Un modèle plus consensuel, puisquil convainc également 43,5% des banques.



















