Face à la hausse des menaces de piratage informatique sur les banques européennes, la BCE accélère. Cest Sabine Lautenschläger, vice-présidente du conseil de supervision de linstitution monétaire européenne, qui la annoncé hier à Francfort, à loccasion dune conférence sur la « cyber-résistance » : « Nous allons mettre en place une solution de long terme pour les banques que nous supervisons directement. A compter de cet été, elles devront nous rapporter tous les incidents informatiques significatifs. »
Cette obligation de déclaration sappliquera aux 130 banques supervisées directement par la BCE. Des enseignes dites systémiques, dont le bilan dépasse les 30 milliards deuros. En France, 7 grandes enseignes, représentant 90% du marché, sont concernées : BNP Paribas, BPCE, Crédit Agricole SA, Société Générale, Confédération nationale du Crédit Mutuel, HSBC France et la Banque Postale.
« Hygiène informatique »
Lobjectif de la BCE est de réussir à mieux objectiver le phénomène des cyberattaques sur les banques européennes. « Cela va nous aider à évaluer de manière plus objective le nombre dincidents et comment les menaces évoluent », a expliqué Sabine Lautenschläger dans son allocution.
Mais il sagit aussi de rappeler les banques à leurs devoirs dans le domaine. « Nous, régulateurs bancaires, prenons le cyber risque très au sérieux. Nous insistons pour que les banques fassent de même », a rappelé la membre du conseil exécutif de la BCE. « LOrganisation mondiale de la santé explique que la meilleure façon de stopper une épidémie est dappliquer une règle dhygiène de base : se laver les mains. Cest également vrai en matière informatique », a poursuivi Sabine Lautenschläger. « Lhygiène informatique de base peut permettre aux banques d'aller loin. Avez-vous installé la dernière mise à jour ? Vos mots de passe sont-ils suffisamment robustes ? Avez-vous fait, et testé, des sauvegardes ? Ces actions simples sont très importantes, mais souvent négligées. »















