Lors de la présentation de ses résultats trimestriels, le groupe Crédit Agricole indique avoir passé une nouvelle provision pour litiges dans le cadre d'une enquête aux Etats-Unis sur d'éventuelles infractions à la loi sur les paiements en dollars vers des pays soumis à embargo, dossier dont la banque attend la résolution pour 2015.

Au terme de discussions « très avancées » avec les autorités américaines, « nous avons considéré que nous devions augmenter notre provision pour litiges de 350 millions d'euros », a indiqué mardi le directeur général de Crédit Agricole SA, Philippe Brassac, lors de la présentation des résultats trimestriels. « Nous comptons sur une résolution dans les mois qui viennent, d'ici la fin de 2015 », a-t-il précisé, ajoutant que le groupe avait « une idée plus claire de ce que serait l'amende ».

La banque n'a pas souhaité détailler le montant dévolu au dossier américain, mais le montant total de la provision pour litiges du groupe atteint désormais 1,6 milliard d'euros. Dans une affaire similaire, sa concurrente française BNP Paribas avait écopé de sanctions record et avait dû débourser la somme de 6,6 milliards d'euros. La banque mutualiste avait toutefois assuré l'année dernière que les transactions passées en revue dans ce cadre étaient de moindre ampleur que celles de BNP.

Mieux qu'attendu par les analystes

Malgré cette nouvelle provision, le groupe Crédit Agricole a enregistré un bénéfice net en hausse au deuxième trimestre alors qu'un an auparavant, ses résultats avaient été plombés par les déboires de la banque portugaise BES, dans laquelle il détenait une participation. Entre avril et juin, Crédit Agricole SA, l'entité cotée du groupe, a dégagé un bénéfice net de 920 millions d'euros, contre 17 millions d'euros un an plus tôt à cause de la dépréciation de sa participation et des pertes de BES, sauvée de la faillite par l'Etat portugais.

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C'est mieux qu'attendu par les analystes qui tablaient en moyenne sur un bénéfice net de 859 millions d'euros, selon un consensus diffusé par FactSet. Hors éléments exceptionnels, le bénéfice net de CASA progresse de 6,2% sur un an, et celui du groupe Crédit Agricole, qui intègre la totalité du résultat des caisses régionales, est stable à 1,5 milliard d'euros.

Ce sont les pôles épargne et assurances (gestion d'actifs, banque privée et assurances) et services financiers spécialisés (crédit à la consommation, leasing...) qui tirent la croissance, avec respectivement des bénéfices en hausse de 16,7% (à 457 millions d'euros) et de 45,2% ( à 125 millions d'euros).

La banque de financement et d'investissement (BFI), qui supporte la nouvelle provision pour litige, voit son bénéfice fondre à 82 millions d'euros. Hors exceptionnels, le résultat baisse de 8,3% sur un an, pénalisé notamment par la dépréciation de deux participations.