Le procès de l'ancien conseiller de Nicolas Sarkozy et patron du groupe bancaire BPCE, François Pérol, poursuivi pour « prise illégale d'intérêts », s'est ouvert lundi matin devant le tribunal correctionnel de Paris.

Il est reproché à l'ancien secrétaire général adjoint de l'Elysée d'avoir accepté en février 2009 de prendre la tête du groupe issu du mariage entre la Banque populaire et la Caisse d'épargne (BPCE), alors qu'il avait suivi cette fusion à l'Elysée.

Le code pénal interdit, pour éviter tout conflit d'intérêts, à un fonctionnaire ou à un agent public, dans un délai de trois ans, de travailler pour une entreprise qu'il a surveillée, avec laquelle il a conclu un contrat, sur laquelle il a donné des avis ou proposé des opérations à l'autorité compétente. La peine maximale encourue est de deux ans d'emprisonnement et de 30.000 euros d'amende. Mais l'enjeu pourrait être, en cas de condamnation, celui du maintien de François Pérol à la tête de la deuxième banque de détail de France, où il a été reconduit jusqu'en 2016.

Les syndicats des Caisses d'Epargne parties civiles

François Pérol, chemise blanche, costume et cravate noirs, n'a fait aucun commentaire à la presse à son arrivée au palais de justice, accompagné de son avocat Me Pierre Cornut Gentille, également muet.

Les syndicats CGT et Sud des Caisses d'Epargne, à l'origine de l'enquête judiciaire avec l'association Anticor, se sont constitués parties civiles ainsi qu'un sociétaire de la Caisse d'Epargne et de prévoyance d'Ile-de-France et un client de la Banque Populaire.

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Christian Noyer à la barre

Parmi les personnalités appelées à témoigner, figure l'ancien secrétaire général de l'Elysée, Claude Guéant et le président de la Banque de France, Christian Noyer.

Cité par les parties civiles, Nicolas Sarkozy a fait savoir qu'il ne viendrait pas, en invoquant son immunité constitutionnelle d'ancien président de la République pour les actes accomplis dans ses fonctions. « Il était le supérieur hiérarchique de M. Pérol, il aurait pu expliquer quel était son rôle. Mais j'espère que M. Guéant pourra nous en parler », a lâché Me Jérôme Karsenti, avocat de la CGT, à son arrivée au tribunal. Le procès est prévu jusqu'au 29 juin.