Le bitcoin, une monnaie virtuelle lancée en janvier 2009, connaît un succès criant de mois en mois sur la toile. Sa valeur est passée de 40 dollars à près de 140 dollars en quelques semaines. Véritable monnaie ou simple outil de spéculation ? Les pourfendeurs du bitcoin sont de plus en plus nombreux.

Depuis quelques semaines, la monnaie virtuelle « bitcoin » fait de plus en plus parler d’elle sur internet. Mais, qu’est-ce que le bitcoin ? C’est une monnaie électronique mise en service en 2009 et créée par un informaticien qui se cache derrière le pseudonyme Satoshi Nakamoto. Sur son site français, le bitcoin est défini à la fois comme « une devise virtuelle, un protocole et un logiciel qui rend possible [des] transactions instantanées de pair à pair [et des] paiements internationaux [avec] aucun ou peu de frais de transaction ».

Concrètement, les bitcoins d’un internaute lambda sont stockés dans son porte-monnaie virtuel installé sur son ordinateur ou sur son smartphone. Cette monnaie peut être transmise à n’importe quel internaute qui possède également un porte-monnaie Bitcoin ou aux sites marchands qui acceptent cette devise. La particularité du bitcoin est que personne ne possède cette monnaie virtuelle ; elle « échappe au contrôle des banques centrales et des Trésors nationaux », précise un article du Monde.

Une monnaie entre blanchiment et spéculation

La notoriété récente de cette « e-devise » vient de son cours qui a littéralement explosé ces dernières semaines. Alors qu’un bitcoin valait 4,15 euros en février 2011, sa valeur a évolué sous les 10 euros l’année dernière et dépassait les 140 euros en début de semaine. Cette hausse vertigineuse « pourrait avoir été provoquée par des investisseurs russes et chypriotes cherchant à acheter des bitcoins pour mettre leurs euros à l’abri au moment de la crise financière de Chypre » croit savoir l’AFP.

Une autre des raisons du succès du bitcoin évoquée par le quotidien Les Echos est la rareté de cette devise. En effet, s’il y a aujourd’hui 11 millions de bitcoins en circulation, à terme, leur nombre total est limité à 21 millions. Ce sont les « mineurs », les vérificateurs du réseau qui sont, à l’origine, rémunérés en bitcoins. « Ceux-ci peuvent ensuite revendre la devise sur Internet, via une vingtaine de places de marché de gré à gré » explique le journal économique. Ce « protocole d’émission de la devise électronique crée un effet de rareté prompt à nourrir la spéculation ».

Ce côté spéculatif est largement critiqué par les opposants au bitcoin. Yannick Naud, gérant de portefeuille de la société d'investissement Glendevon King Asset Management, basée à Londres, qui voit de plus en plus de ses clients demander des renseignements sur les bitcoins, a déclaré à l’AFP qu’ « en tant qu’investisseur, il est impossible d’assigner une valeur rationnelle au bitcoin ». D’autres prévoient l’éclatement de la bulle à plus ou moins long terme.

Toutefois, les défendeurs de la monnaie virtuelle continuent à y voir un système fiable pour contourner le monopole des établissements bancaires… mais un système qui est également suspecté d’être utilisé pour le blanchiment d’argent et le trafic de stupéfiants.