Mercredi, le président de Crédit Agricole SA René Carron a défendu son bilan à l'occasion de l'assemblée générale du groupe, la dernière avant son départ, en assurant qu'il laissait à ses successeurs "un groupe solide".

« Citez-moi une activité où on est moins bons que les autres », a lancé M. Carron à l'assemblée, avant de poursuivre, « Quand on est client du Crédit Agricole, est-ce qu'il y en a un qui peut dire que le conseil et le service sont moins bons qu'il y a trois ans? Personne ».

A l'issue du vote des actionnaires, M. Carron a été remplacé par Claude Henry au conseil d'administration. Le président sortant de la Fédération nationale du Crédit Agricole (organe politique du groupe), Jean-Marie Sander, a lui été désigné administrateur et devait au terme d'une réunion du conseil, en prendre la présidence, à la place de M. Carron, qui occupait cette fonction depuis 2002.

Quelques erreurs mais surtout « une crise »

Durant l'assemblée, M. Carron a été pressé de questions d'actionnaires sur le cours de l'action, l'acquisition de la banque grecque Emporiki et les pertes liées à la banque de financement et d'investissement. Face à ces interrogations, M. Carron a admis « Qu'on ait fait des erreurs, sans doute, on l'a dit, on l'a répété ».

« Je dois être le seul président du CAC 40 qui a présenté ses excuses aux actionnaires. Je peux le refaire, mais n'exagérons pas les choses », a-t-il rétorqué à une question d'une élue du syndicat CFDT, qui a estimé qu'il fallait « reconstruire » le Crédit Agricole.

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A propos du cours de l'action qui se situe aujourd'hui autour de 9,5 euros contre 16,6 lors de son introduction en Bourse, en 2001, le président sortant a exprimé des regrets mais rappelé qu'« il y a une crise et qu'on n'est pas les seuls concernés ».

Emporiki : « Tout le monde pensait que c'était une bonne affaire »

Quant à Emporiki, qui a engendré de lourdes pertes et nécessité deux recapitalisations depuis sa prise de contrôle par le Crédit Agricole, M. Carron a dénoncé ceux qui tentaient de « refaire l'histoire après coup », suggérant de reprendre « les articles qui ont été écrit en juillet 2006 (sur Emporiki NDLR) », et affirmant qu'à l'époque « Tout le monde pensait que c'était une bonne affaire ».

Le dirigeant de la banque verte a également défendu la banque de financement et d'investissement, qui est à l'origine de pertes massives notamment liée à un portefeuille d'actifs toxiques. « Quand les choses allaient bien, qu'on faisait six milliards de résultat, personne ne se plaignait », a dit M. Carron, en référence aux très bons résultats de la banque en 2005 et 2006 (5,9 milliards et 7,1 milliards respectivement de bénéfice net pour le groupe), qui étaient en partie soutenus par la banque de financement et d'investissement.