Le bénéfice net des six grands groupes bancaires français (BNP Paribas, Crédit Agricole, Société Générale, Crédit Mutuel, BPCE et la Banque postale), a augmenté de 10,2% sur un an, à 39,8 milliards d'euros et ce, malgré la surtaxe exceptionnelle de l'impôt sur les entreprises, qui a touché principalement les établissements mutualistes. Cette hausse est plus rapide que celle du produit net bancaire (PNB), équivalent du chiffre d'affaires dans le secteur, qui a augmenté de 5,6% à 167,5 milliards d'euros.
L'année 2025 a pourtant été le théâtre d'un « environnement macrofinancier très incertain, marqué par la montée du protectionnisme, un regain de tensions géopolitiques et une incertitude budgétaire persistante en France », souligne l'ACPR, gendarme des établissements bancaires et des compagnies d'assurance adossé à la Banque de France.
Cela n'a pas empêché les banques françaises d'améliorer la marge réalisée sur les crédits, d'engranger davantage de commissions et de revenus liés à leurs activités de marché. Leur statut de conglomérat, présenté souvent sous l'étiquette de banque universelle, leur a également permis de bénéficier de revenus en hausse dans leurs activités d'assurance, de gestion d'actifs ou encore de financements spécialisés, comme le crédit à la consommation.
Les chiffres du premier trimestre 2026 « confirment ces tendances », note l'ACPR. Dans un exercice de projection réalisé avant le début du conflit au Moyen-Orient, l'Autorité s'attendait à ce que les bénéfices du secteur bancaire augmentent encore en 2026, de l'ordre de 8%.
L'Autorité liste par ailleurs plusieurs risques qui pèsent sur le secteur bancaire, comme la prolongation du conflit au Moyen-Orient, les inquiétudes autour du crédit privé (accordé à des entreprises par des établissements financiers non bancaires) ou une nouvelle dégradation de l'immobilier commercial, sans oublier les points de vigilance « majeurs » du superviseur, plus structurels : cyberattaques, essor de l'intelligence artificielle, avancées de l'informatique quantique, accélération de la « dérive climatique ».
















