Lors de cette réunion, un certain nombre de banquiers centraux ont dit qu'ils « n'auraient pas été opposés à une hausse des taux » si elle avait été proposée, selon le document. Une hausse immédiate, alors que les taux campent à leur niveau depuis juillet 2025, aurait « envoyé un signal encore plus fort de détermination à ramener l'inflation vers la cible dans des délais appropriés », est-il ajouté.

L'objectif de la BCE est de ramener l'inflation à moyen terme à 2%, tandis que l'agrégat a grimpé de moins de 2% à 3% entre février et avril du fait de la guerre en Iran, selon Eurostat.

Basculement

Les débats d'avril témoignent d'un basculement au sein de l'institution monétaire, confrontée à un « choc d'offre négatif (...) plus marqué qu'anticipé dans les projections de mars », avec des effets amplifiés à attendre en termes de surplus d'inflation et de moindre croissance. La BCE estime que plus le conflit au Moyen-Orient et la fermeture du détroit d'Ormuz se prolongent, plus l'impact macroéconomique défavorable sera important et durable. Dans ce contexte, il est devenu « de plus en plus probable qu'une approche consistant à regarder au travers (l'ignorer : NDLR) ne soit pas appropriée », selon le document.

Si les gardiens de l'euro ont finalement opté pour le statu quo, faute d'« urgence immédiate » et en l'absence de preuves suffisantes d'un report des prix d'énergie élevés sur les prix finaux ou les salaires, plusieurs éléments plaident pour une inflexion rapide.

Une première hausse probable dès juin

Le compte-rendu souligne que « la question centrale » est « désormais de déterminer le moment le plus opportun pour relever les taux ». Depuis cette réunion, les signaux en faveur d'un resserrement dès le mois de juin se sont renforcés, au moment où la BCE actualisera ses projections économiques.

Le chef économiste de la BCE, Philip Lane, a récemment laissé entendre que les marchés « n'ont pas besoin d'indications supplémentaires », validant ainsi implicitement leur anticipation d'une hausse en juin, qui constituerait la première des trois augmentations attendues d'ici fin 2026.

Plus explicite, l'Allemande Isabel Schnabel, membre du directoire, a jugé qu'« une hausse des taux en juin sera nécessaire ».