Néobanque. Le terme sest peu à peu imposé, dans le langage courant, pour désigner la nouvelle génération de services de banque au quotidien apparue en France depuis le milieu des années 2010. De nouvelles marques qui ont en commun de se construire hors du secteur bancaire traditionnel, dutiliser le mobile comme principal canal et, souvent, de casser les prix !
Derrière ce terme de néobanque se cachent toutefois des acteurs plus variés quil ny paraît. Certains, comme N26, Revolut, Orange Bank ou Ma French Bank, sont des établissements de crédit à part entière, répondant donc à des exigences prudentielles comparables à celles des banques traditionnelles et pouvant distribuer des comptes, mais aussi du crédit ou des placements rémunérés. Dautres, comme Nickel ou Aumax pour moi, disposent dun agrément moins complet détablissement de paiement ou de monnaie électronique, et ne peuvent donc proposer que des comptes de paiement. Certains acteurs, enfin, agissent en tant quagent de prestataire de services de paiement et sappuient donc sur un mandat confié par une autre entité dûment agréée. Cest le cas de Lydia, par exemple, qui est agent de la SFPMEI (Société Financière du Porte-Monnaie Electronique Interbancaire), létablissement à lorigine de Monéo dans les années 2000.
La confusion autour du terme de néobanque nest dailleurs pas toujours le fait des acteurs eux-mêmes. Lydia, par exemple, na jamais revendiqué un statut de néobanque, au contraire. Ce sont souvent les commentateurs - la presse spécialisée en premier lieu - qui, par souci de simplicité, entretiennent un certain flou autour de la notion.
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Jusquà trois ans demprisonnement et 375 000 euros damende
Quoi quil en soit, le régulateur du secteur siffle la fin de la récré. Dans une publication diffusée le 8 avril, lAutorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) rappelle que « le terme néobanque doit nécessairement qualifier un établissement de crédit ». Lemployer « pour qualifier une autre activité est interdit par la loi », poursuit lACPR, « et est susceptible dentraîner des sanctions pour les entités qui y contreviendraient, parmi lesquels les établissements de paiement et de monnaie électronique, ainsi que leurs agents et distributeurs ». Des sanctions pouvant aller jusquà trois ans demprisonnement et 375 000 euros damende, selon le code monétaire et financier.
Le rappel à lordre de lACPR va même plus loin. Le régulateur sadresse en particulier aux agents de prestataire de services de paiement (PSP) et aux distributeurs de monnaie électronique : « Ils ne peuvent ( ) faire usage de termes susceptibles de créer une confusion sur l'identité de l'établissement responsable de ces activités. Cest le cas par exemple dun agent qui, dans sa communication, laisserait entendre quil est responsable des services commercialisés alors que ceux-ci sont effectivement fournis par un PSP dûment agréé. »


















